Quels mots ont coûté cher à Fred Quercy, convoqué par la LNR pour ses propos contre Fabien Galthié ?

la Rédaction

Le rugby français, on l’imagine souvent solide, frontal, rugueux sur le terrain mais élégant en dehors. Sauf que parfois, les coups les plus durs ne sont pas portés sur la pelouse mais derrière un micro. C’est exactement ce qui est arrivé à Fred Quercy, convoqué par la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby après avoir dégainé une phrase assassine contre Fabien Galthié.

Une sortie qui fait basculer l’ambiance

Le 1er septembre, conférence de lancement du Top 14. Tout le monde est là pour parler de la saison qui arrive, ambiance plutôt formelle. Et puis Quercy, 34 ans, capitaine de Montauban, se lâche. Interrogé sur son passage à Montpellier, il balance un souvenir amer de son ancien coach, Fabien Galthié.

La phrase est déjà culte. « On pourrissait en pros, avec notre actuel grand sélectionneur de l’équipe de France Fabien Galthié qui est je crois la moins bonne personne sur Terre. Il a été à la fois le meilleur entraîneur que j’ai eu, indiscutablement – et pourtant j’en ai eu des bons – mais aussi la plus grande merde sur le plan humain. »

Voilà, le décor est planté. Les mots sont crus, sans filtre, et ils vont avoir des conséquences.

Suspension express puis marche arrière

Trois semaines plus tard, le 22 septembre, la Fédération française de rugby réagit. Décision soudaine, presque brutale, le joueur est suspendu provisoirement de sa licence. Pas de convocation, pas de discussion, juste un couperet administratif.

Sauf que Montauban ne laisse pas passer. Le club conteste immédiatement, avocat à l’appui. Résultat, quatre jours plus tard, la suspension est levée. La FFR reconnaît qu’elle n’était pas compétente pour sanctionner un joueur professionnel. Le dossier file donc vers la Ligue nationale de rugby, qui reprend la main.

Une convocation lourde de symboles

La LNR convoque Fred Quercy pour le 8 octobre. Cette fois, pas de suspension immédiate, mais l’affaire est prise au sérieux. La commission doit juger si les propos du joueur constituent bien une infraction aux règlements.

Et l’éventail des sanctions est large, de l’avertissement à la radiation. Même si cette dernière option paraît excessive, elle plane dans les textes. De quoi maintenir la pression.

Entre rancune et malaise institutionnel

Au fond, ce qui frappe dans cette histoire, c’est moins la colère de Quercy que la réaction en chaîne qu’elle a déclenchée. D’un côté, un joueur qui assume une rancune tenace envers son ancien entraîneur. De l’autre, un sélectionneur qui cristallise depuis longtemps des avis tranchés, parfois admiratifs, parfois franchement hostiles.

Entre les deux, des institutions qui se renvoient la balle et brouillent un peu plus les cartes. La FFR s’est emmêlée dans une suspension juridiquement fragile. La LNR tente maintenant de remettre de l’ordre.

Verdict attendu le 8 octobre

Dans quelques jours, on saura si cette sortie restera un simple coup de gueule mal digéré ou si elle deviendra l’affaire disciplinaire de la saison.

Une chose est sûre, la phrase de Quercy, elle, est déjà gravée dans le marbre. Un plaquage verbal qui risque de laisser des traces plus longues que certains chocs sur le terrain.