La rentrée littéraire 2025 n’aura rien de paisible. Le 29 octobre, Jordan Bardella sortira son deuxième ouvrage, Ce que veulent les Français, aux éditions Fayard. Un titre programmatique qui arrive pile au moment où d’autres figures de la droite et de l’extrême droite s’invitent aussi dans les rayons. Entre stratégie éditoriale et bataille d’ego, l’automne s’annonce bien chargé côté politique… mais en librairie.
Jordan Bardella, tome 2 après l’autoportrait
Le président du Rassemblement national avait déjà tenté l’exercice en 2024 avec « Ce que je cherche », une autobiographie jugée par certains comme un outil marketing plus qu’un vrai récit intime. Cette fois, changement d’angle, Ce que veulent les Français, se veut un ouvrage politique, une sorte de manifeste destiné à s’ancrer dans le débat public à l’approche des grandes échéances électorales.
Fayard, son éditeur, promet un texte qui « dialogue avec les préoccupations des Français ». Traduction. Un livre qui ressemble plus à un programme électoral qu’à une confession personnelle.
Zemmour, la messe… et Bardella
L’agenda est savamment calculé. Car Bardella ne sort pas son livre dans un désert éditorial, bien au contraire. Une semaine plus tôt, le 22 octobre, Éric Zemmour publiera son nouvel essai, « La messe n’est pas dite », lui aussi chez Fayard. Autrement dit, les deux rivaux de l’extrême droite vont se partager la même maison d’édition et, surtout, la même période de promo.
Difficile de ne pas voir dans ce calendrier une bataille symbolique. Deux titres qui se répondent presque comme des slogans de campagne. L’un parle du peuple, l’autre de religion et de destin. Résultat, on n’est pas loin d’une guerre des couvertures.
De Villiers et Royal s’invitent dans la danse
Comme si ça ne suffisait pas, Fayard ajoute deux autres noms à cette rentrée sous haute tension. Philippe de Villiers publie dès cette semaine son pamphlet « Populicide », suite de son précédent « Mémoricide » sorti en 2024. Fidèle à son style, le Vendéen joue la carte du grand récit dramatique, dénonçant le déclin des peuples.
Et pour équilibrer, côté gauche, Ségolène Royal reviendra elle aussi en librairie avec « Mais qui va garder les enfants ? », prévu… le même jour que Bardella, le 29 octobre. Un choix qui promet d’alimenter les comparaisons médiatiques, entre la candidate socialiste de 2007 et le patron du RN qui rêve de 2027.
Bolloré à la manœuvre ?
Impossible de ne pas mentionner un autre acteur clé, Vincent Bolloré. Depuis fin 2023, le milliardaire ultraconservateur a mis la main sur Hachette Livre, maison mère de Fayard. Cette rentrée littéraire ressemble presque à une vitrine idéologique soigneusement orchestrée.
Publier coup sur coup Bardella, Zemmour et de Villiers sous la même bannière, ce n’est plus du hasard. C’est une stratégie éditoriale qui place Fayard au centre de la bataille culturelle de la droite française.
Une rentrée politique sous couverture
Au fond, chacun de ces livres n’est qu’une arme de plus dans la campagne permanente que mènent ces figures. Les librairies deviennent une extension des plateaux télé, les couvertures remplacent les affiches électorales.
Le 29 octobre, entre « Ce que veulent les Français » de Bardella et « Mais qui va garder les enfants ? » de Royal, le public aura de quoi remplir son panier. La littérature politique de cette rentrée 2025 ressemble davantage à un match de boxe qu’à une réflexion tranquille sur l’avenir du pays.





