Mort de Pierre Vial à 97 ans : de quoi est décédé l’enchanteur culte des Visiteurs

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Le monde du théâtre et du cinéma français perd l’un de ses visages les plus discrets mais les plus respectés. Pierre Vial, sociétaire honoraire de la Comédie-Française et inoubliable enchanteur dans Les Visiteurs, est décédé à l’âge de 97 ans. Une carrière longue, dense, et une empreinte durable, sur scène comme à l’écran.

Une disparition qui touche le théâtre et le grand public

Pierre Vial est mort à 97 ans, comme l’a annoncé son fils à l’AFP. Aucune cause précise n’a été communiquée, ce qui laisse penser à un décès naturel, lié à l’âge. L’acteur s’est éteint à Paris, à la Fondation Rothschild, dans une relative discrétion, fidèle à l’homme qu’il était.

La Comédie-Française lui a rendu hommage dans un message sobre et puissant, saluant « une mémoire traversée par plus de cinq décennies d’histoires et de destinées théâtrales françaises ». Dit autrement, un pilier. Pas forcément le plus médiatique, mais un pilier quand même.

L’enchanteur des Visiteurs, un rôle devenu culte

Pour le grand public, Pierre Vial restera à jamais Eusæbius, l’enchanteur un peu dépassé dans Les Visiteurs et Les Visiteurs II. Celui qui mélange les potions, se trompe de formules et propulse Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille du Moyen Âge au XXᵉ siècle.

Un rôle secondaire, sur le papier. Mais dans les faits, une figure culte, souvent citée, imitée, et toujours associée à l’univers absurde et populaire du film de Jean-Marie Poiré, aux côtés de Jean Reno et Christian Clavier. Comme quoi, quelques scènes bien senties peuvent suffire à marquer des générations entières.

Une grande carrière à la Comédie-Française

Côté théâtre, on change complètement de registre. Pierre Vial, c’est avant tout un homme de scène, entré à la Comédie-Française en 1989. Il devient le 512ᵉ sociétaire de l’institution le 1er janvier 2005, une reconnaissance majeure dans le milieu.

Il y interprète des rôles forts du répertoire classique, de Polonius dans Hamlet (mis en scène par Antoine Vitez) à Le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Un comédien précis, rigoureux, respecté pour son intelligence du texte et sa présence tranquille.

Il quitte la troupe en 2010, après plus de vingt ans de maison.

Professeur, metteur en scène et passeur de générations

Pierre Vial, ce n’était pas seulement un acteur. C’était aussi un pédagogue. Il enseigne le théâtre au Conservatoire national d’art dramatique entre 1975 et 1993, mais aussi au Théâtre national de Chaillot. Autrement dit, il a formé — directement ou indirectement — une partie du théâtre français contemporain.

Il a également dirigé la Comédie de Saint-Étienne dans les années 1970, et mis en scène plusieurs œuvres marquantes, dont L’Illusion comique de Corneille ou Le Déluge d’Ugo Betti. Un homme de transmission, clairement.

Un héritage discret mais solide

Pierre Vial n’était pas une star au sens people du terme. Pas de buzz, pas de polémiques, pas de sur-exposition. Mais une carrière exemplaire, respectée, cohérente, et profondément ancrée dans la culture française.

À 97 ans, il laisse derrière lui des rôles, des élèves, des souvenirs de scène… et ce mage maladroit qui continue de faire rire, encore et encore.