Le Père Noël est une ordure (1982) : une fin totalement folle qui a marqué le cinéma français

AM.wiss

Chaque année, il revient à la télé, et chaque année, même combat, on rit, on grimace, et on se demande comment un film aussi incorrect a pu devenir aussi culte. Le Père Noël est une ordure, sorti en 1982, ne serait pas ce monument de la comédie française sans une fin aussi absurde que dérangeante, devenue mythique avec le temps.

Un film qui commence comme une comédie… et finit ailleurs

À la base, Le Père Noël est une ordure, c’est presque du théâtre filmé. Une nuit de réveillon, un local de SOS Détresse Amitié, deux bénévoles un peu paumés, et une galerie de personnages qui entrent et sortent comme dans un vaudeville déglingué. Jusque-là, tout va bien, enfin… façon Splendid.

Mais là où le film de Jean-Marie Poiré se distingue, c’est qu’il refuse totalement la fin « rassurante ». Pas de morale sucrée, pas de réconciliation générale autour d’un chocolat chaud. Le film prend un virage beaucoup plus sombre, sans jamais perdre son humour noir.

La montée du chaos dans le dernier acte

Dans la dernière partie du film, la tension monte franchement. Félix, le Père Noël agressif et instable, revient armé. Et comme souvent dans ce film, tout ce qui peut mal tourner… tourne très mal. Un coup de feu part, Katia est blessée, puis un autre tir traverse une porte et tue accidentellement le voisin dépanneur.

C’est là que le film bascule complètement. On passe de la comédie de personnages à une farce noire, presque macabre, mais racontée avec un sang-froid totalement absurde. Personne ne panique vraiment. Chacun gère la situation comme il peut, avec une logique qui défie le bon sens.

Une fin absurde devenue culte

Plutôt que d’appeler la police, les personnages décident de se débarrasser du corps. Et comment ? En le découpant, puis en l’emballant… dans des paquets cadeaux. Oui, vraiment. Ces paquets sont ensuite déposés au zoo de Vincennes, dans les enclos des animaux, censés faire disparaître les preuves.

La scène est choquante sur le papier, mais traitée avec une légèreté volontairement dérangeante. Certains paquets atterrissent même chez des herbivores, détail absurde qui résume parfaitement l’esprit du film. Rien n’est glorifié, rien n’est expliqué, tout est montré comme une suite logique d’absurdités humaines.

Pourquoi cette fin a marqué les spectateurs ?

Ce final est resté dans les mémoires parce qu’il ne ressemble à rien d’autre. À l’époque, le public est un peu dérouté. Le film ne cartonne pas immédiatement en salles, mais il trouve une seconde vie à la télévision. Et là, génération après génération, la magie opère.

Les répliques deviennent cultes, les personnages iconiques, et cette fin, pourtant très sombre, est désormais perçue comme un sommet d’humour noir à la française. Le Splendid ose aller loin, très loin, sans jamais chercher à s’excuser.

Un classique de Noël… pas comme les autres

Aujourd’hui, Le Père Noël est une ordure est indissociable des fêtes, même s’il en démonte tous les codes. Sa fin radicale fait partie de son ADN. C’est précisément parce qu’il refuse le consensus et le politiquement correct qu’il continue de fasciner.

Plus de quarante ans après sa sortie, le film reste un ovni joyeusement dérangeant. Et sa conclusion, absurde jusqu’au bout, rappelle une chose simple : parfois, le rire naît là où on ne l’attend vraiment pas.