Manifestation anti-IVG : un pas en arrière depuis Simone Veil

la Rédaction

Cinquante ans après la loi Veil, qui a marqué l’histoire en dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), une nouvelle manifestation anti-IVG a eu lieu ce dimanche 19 janvier 2025 à Paris. 

La Marche pour la vie a réuni plusieurs milliers de personnes. Ces manifestants, issus pour la plupart de milieux catholiques conservateurs, disent vouloir défendre le « droit à la vie » et dénoncer l’inscription récente de l’IVG dans la Constitution française.

Un rassemblement qui ne réunit pas la majorité

Le cortège, parti de la place du Trocadéro, a défilé avec des slogans comme « IVG, ça suffit » et « euthanasie, loi du mépris ». Cette mobilisation annuelle se tient toujours autour de la date d’anniversaire de la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975

Cette année, l’événement est un peu particulier puisqu’il marque un demi-siècle depuis cette loi historique. Pour les manifestants, l’inscription de l’IVG dans la Constitution en 2024 est inquiétante.

Une remise en question de l’héritage de Simone Veil ?

La loi Veil a permis aux femmes d’avoir accès à une IVG dans des conditions médicales sécurisées. Ce fut une avancée majeure pour les droits des femmes en France. Pourtant, malgré cette inscription historique, des militants continuent de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « dérive » de la société.

Lors de cette marche, Nicolas Tardy-Joubert, président de l’événement, n’a pas hésité à déclarer que l’avortement est la première cause de mortalité humaine en France (ce qui est soit dit en passant statistiquement faux). Cette déclaration a été suivie d’une minute de silence en hommage aux bébés à naître.

Le droit à l’IVG reste fragile

Les associations féministes rappellent que, même avec l’inscription de l’IVG dans la Constitution, l’accès à ce droit reste compliqué pour beaucoup de femmes. En 2023, on a enregistré 243 623 avortements en France, soit une hausse par rapport à l’année précédente. Mais certaines régions souffrent d’un manque de praticiens ou de structures pour pratiquer l’IVG.

Les manifestants anti-IVG demandent, entre autres, une échographie obligatoire dès la sixième semaine de grossesse et un délai de réflexion de trois jours avant de pouvoir avorter. Ils réclament aussi la défense du droit à l’objection de conscience pour les professionnels de santé.

Un débat toujours aussi clivant même après 50 ans

Simone Veil avait défendu cette loi en 1975 avec courage, malgré une opposition féroce. On se rappelle de sa phrase encore historique “Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes

Aujourd’hui, son héritage semble fragilisé par ces manifestations qui rassemblent toujours des milliers de personnes.La question reste ouverte : ces marches traduisent-elles une volonté de protéger la vie, comme le revendiquent leurs participants, ou un recul inquiétant des droits des femmes acquis il y a cinquante ans ?