Les Survivants, le thriller glacé qui secoue… et une fin qui divise : on vous raconte tout

AM.wiss

Sorti en 2022, Les Survivants s’est imposé comme un thriller français à l’ambiance froide et tendue, où Denis Ménochet affronte autant ses démons que la montagne. Le film intrigue encore aujourd’hui, notamment pour sa fin ouverte, qui en a laissé plus d’un perplexe. On décortique le film, ses enjeux, et surtout ce final qui continue de faire parler.

Un thriller sous tension dans les Alpes, entre survie et humanité

Les Survivants, réalisé par Guillaume Renusson, n’est pas juste un thriller montagnard de plus. Le film s’inscrit dans une actualité brûlante, celle des migrations et des frontières européennes, mais le fait sans jamais tomber dans le documentaire ou le discours appuyé. On suit Samuel, incarné par un Denis Ménochet massif mais fragile, un homme qui vit isolé dans les Alpes italiennes après un drame personnel qu’on comprend sans jamais nous l’asséner.

Son quotidien de solitude bascule le soir où Chehreh, une migrante afghane, frappe à sa porte en pleine tempête de neige. Elle fuit des hommes armés qui traquent les exilés cherchant à rejoindre la France. L’ambiance, entre western enneigé et huis clos sous tension, est posée en deux minutes.

Le film mêle paysages immenses, silence pesant, affrontements humains, et cette vibe “tu sens que rien ne va dérouler comme prévu”. Pas de super-héros, pas de rédemption facile, juste deux êtres abîmés qui devront s’appuyer l’un sur l’autre pour survivre.

Une relation inattendue, loin des clichés

Ce qui fonctionne dans Les Survivants, c’est cette manière de montrer la rencontre entre Samuel et Chehreh. Lui est muré dans son deuil. Elle est déterminée à continuer son chemin malgré la peur, le froid et les menaces. Renusson ne cherche jamais à en faire un duo romantique ou un duo comique, ça reste brut, humain, parfois rude.

Au fil du périple, la montagne devient presque un personnage. On ressent le froid, l’épuisement, le danger autour d’eux. Mais on voit aussi les failles d’un homme qui s’était coupé du monde et qui, malgré lui, recommence à ressentir, à protéger, à s’impliquer.

Cette sincérité donne au film un ton unique, un peu à la croisée du thriller social et du drame intimiste.

La fin de Les Survivants : une conclusion ouverte et bouleversante

On arrive au cœur du sujet, la fameuse fin qui fait débattre les spectateurs depuis la sortie du film. Sans entrer dans le voyeurisme ni détailler les violences du récit, la dernière partie montre Samuel et Chehreh poussés dans leurs retranchements pour atteindre la frontière.

La tension monte encore d’un cran, puis le film prend une direction inattendue et volontairement anti-spectaculaire. Chehreh parvient à franchir la frontière pour poursuivre sa route vers la France. Pas de scène finale héroïque, pas de grande déclaration, pas de “ils vécurent heureux”. Elle avance, seule, déterminée, comme depuis le début.

Samuel, de son côté, reste derrière. Fatigué, perdu, mais changé. On comprend qu’il retrouve quelque chose qu’il croyait disparu, un souffle, une possibilité de recommencer. Leur lien l’a déplacé intérieurement, même si leur chemin se sépare.

Cette fin ouverte – certains diront frustrante, d’autres magnifique – est exactement ce que voulait le réalisateur : un moment réaliste, pudique, où chacun continue sa route. La vie, sans emballage.

Pourquoi cette fin marque autant les spectateurs ?

Parce qu’elle refuse la facilité. Elle ne cherche pas à rassurer, ni à fermer l’histoire avec un ruban bien net. On reste avec un mélange d’émotion, de tristesse, de soulagement et d’espoir. Et surtout, la fin rappelle le propos du film : ce n’est pas l’histoire d’un héros qui sauve une migrante, c’est l’histoire de deux personnes que la vie a cabossées et qui, l’espace d’un instant, se sont supportées l’une l’autre.

C’est ce réalisme, cette pudeur, qui donne au film sa force. Une conclusion que tu continues de ruminer longtemps après le générique.