Après plusieurs années de batailles juridiques, les soirées dansantes de l’Aquarium de Paris arrivent à leur fin. La justice rappelle qu’animaux et discothèques ne font pas bon ménage, offrant une victoire aux associations de défense animale. Retour sur cette affaire qui a secoué le XVIe arrondissement.
Une décision historique pour la protection animale
Jeudi 12 décembre, le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision : l’Aquarium de Paris doit cesser immédiatement ses soirées dansantes. Cette décision fait suite à plusieurs alertes lancées par les associations de défense des animaux, notamment Sea Shepherd France et PAZ (Projet Animaux Zoopolis). Selon le tribunal, le préfet de police est tenu d’intervenir, et à défaut, il pourrait ordonner la fermeture de l’établissement.
Le point central ? La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, qui interdit formellement la présentation d’animaux dans des discothèques ou événements similaires. Les juges ont été clairs : « Lorsque des événements destinés principalement à la diffusion de musique et à la danse y sont organisés, l’Aquarium de Paris doit être qualifié de discothèque ». Résultat, aucune tolérance, aucun aménagement possible.
Des soirées qui dérangeaient depuis 2023
Les manifestations et plaintes ne datent pas d’hier. Depuis 2023, PAZ et Sea Shepherd dénoncent le stress que subissent les poissons et autres espèces lors de ces soirées. Lumières clignotantes, basses puissantes, foule compacte… pour les animaux, c’est loin d’être le cadre idéal.
Les associations ont même saisi le Conseil de Paris, qui, en février 2024, avait demandé à l’Aquarium de réduire le nombre de soirées et prévu d’interdire ces événements lors du renouvellement du bail en 2035. Mais face au refus initial du préfet de police d’agir, la justice a dû trancher.
Une victoire pour les défenseurs des animaux
Pour Amandine Sanvisens, cofondatrice de PAZ, cette décision est une victoire majeure : « L’industrie de la captivité est décidément prête à tout pour faire du profit, c’est scandaleux ! » Elle promet de vérifier le respect de cette décision et de rester vigilante.
L’affaire illustre aussi un changement de regard sur le bien-être animal à Paris et en France, où la législation et la société s’accordent de plus en plus pour dire que spectacle et divertissement ne doivent pas se faire au détriment des animaux.
Les soirées dansantes, c’est fini
L’Aquarium de Paris – Le Club, situé dans les sous-sols des jardins du Trocadéro et pouvant accueillir plus de 2 000 personnes, devra désormais se passer des DJ sets et soirées dansantes. Le message est clair : les poissons avant la fête.
Cette décision pourrait inspirer d’autres villes et établissements à repenser leurs animations, et rappelle que la protection animale n’est pas qu’un slogan, mais une obligation légale.





