Kingdom of Heaven : pourquoi la fin du film de Ridley Scott continue de diviser, 20 ans après

AM.wiss

Sorti en 2005, Kingdom of Heaven n’a jamais été un simple film de chevaliers. Fresque historique, drame politique et réflexion sur la foi, le long-métrage de Ridley Scott se termine sur une note étonnamment sobre. Une fin sans triomphe, sans héros glorifié, qui intrigue encore aujourd’hui.

Kingdom of Heaven, un film épique pas si hollywoodien

Quand Ridley Scott s’attaque aux croisades, il ne fait pas dans la dentelle. Kingdom of Heaven nous plonge au XIIᵉ siècle, entre l’Europe et la Terre sainte, à une époque où Jérusalem est un symbole brûlant, religieux, politique et militaire. On suit Balian, forgeron français devenu chevalier presque malgré lui, incarné par Orlando Bloom, loin de son image de pirate romantique.

Le film joue sur plusieurs tableaux. Batailles spectaculaires, intrigues de cour, conflits religieux, mais aussi questionnement moral. Ridley Scott ne cherche pas à désigner un camp comme “le bon”. Il préfère montrer des hommes pris dans un engrenage qui les dépasse. C’est d’ailleurs ce positionnement qui a parfois dérouté le public à sa sortie.

Le siège de Jérusalem, cœur émotionnel du film

La dernière partie de Kingdom of Heaven est dominée par le siège de Jérusalem. Après une série de décisions politiques désastreuses, l’armée chrétienne est anéantie par Saladin. Jérusalem se retrouve quasiment sans défense.

Balian prend alors la tête d’une ville composée surtout de civils, de vieillards et d’enfants. Pas de discours héroïque à rallonge, pas de plan miracle. Juste une réalité brute. La ville ne peut pas tenir longtemps. Et c’est là que le film bascule dans quelque chose de plus adulte que prévu.

Comment se termine Kingdom of Heaven exactement ?

Plutôt que de sacrifier la population dans un combat perdu d’avance, Balian choisit de négocier avec Saladin. Il menace de détruire les lieux saints si la ville est prise par la force. Saladin accepte finalement un accord.

Résultat, Jérusalem est rendue, mais les habitants sont épargnés. Pas de massacre, pas de bain de sang. Une victoire morale, pas militaire.

Balian affronte ensuite Guy de Lusignan en duel. Il le bat, mais refuse de l’exécuter. Sibylla, sœur du roi et figure tragique du film, renonce au pouvoir et quitte la Terre sainte avec lui.

La toute dernière scène surprend encore plus. Balian est de retour en France, redevenu forgeron. Des croisés viennent le chercher pour repartir au combat. Il refuse calmement. Il n’est plus un chevalier. Juste un homme qui a compris le prix réel de la guerre.

Une fin anti-spectaculaire, mais ultra cohérente

C’est précisément cette fin qui divise. Certains attendaient un grand final épique, une revanche, une bataille décisive. Ridley Scott fait l’inverse. Il ferme son film sur une idée simple, presque dérangeante pour un blockbuster. La vraie victoire, ce n’est pas de prendre Jérusalem, c’est d’éviter une tuerie inutile.

Dans un film sur les croisades, c’est tout sauf anodin. Cette conclusion donne à Kingdom of Heaven une résonance politique et philosophique qui dépasse largement le cadre du film historique classique.

Pourquoi la fin de Kingdom of Heaven est mieux comprise aujourd’hui ?

Avec le recul, et surtout grâce à la Director’s Cut, souvent jugée supérieure, la fin du film est mieux reçue. Les personnages y sont plus nuancés, les enjeux plus clairs, et le parcours de Balian plus cohérent.

Ce n’est pas un film sur la guerre. C’est un film sur ce qu’elle détruit, même quand on pense la gagner.

Kingdom of Heaven se termine sans fanfare, sans gloire, mais avec une vraie prise de position. Et c’est peut-être pour ça que sa fin marque autant. Un film qui ose dire que parfois, renoncer, c’est déjà résister.