Jesse Hughes envisage la nationalité française dix ans après le Bataclan

AM.wiss

Dix ans après les attentats du Bataclan, Jesse Hughes, le chanteur des Eagles of Death Metal, revient à Paris pour les commémorations. Ému et reconnaissant, il confie son désir fort de demander la nationalité française, révélant le lien profond qu’il entretient avec la France.

Un lien indéfectible avec Paris

Il y a dix ans, le 13 novembre 2015, le groupe Eagles of Death Metal se produisait au Bataclan lorsque la tragédie a frappé. Aujourd’hui, son leader Jesse Hughes revient, marqué, transformé — et avec une déclaration qui ne passe pas inaperçue : il envisage de demander la nationalité française. Ce n’est pas juste une phrase choc, c’est le symbole d’un attachement particulier, né dans la douleur, mais renforcé dans la gratitude.

Pourquoi “mon cœur est ici”

Hughes explique qu’il se sent désormais “chez lui” en France. Dans une interview accordée à Le Point il confie : « Je me considère comme à la maison, maintenant, oui. Je suis ici, mon cœur est ici. »

Ce sentiment n’est pas venu d’un seul coup : il est le résultat d’un chemin difficile, de reconstruction, et d’un soutien inattendu. Il évoque comment le public français, les survivants et les fans l’ont aidé à retrouver la scène, à dépasser la culpabilité.

Dans un autre entretien, il reprend : « Je le pense sincèrement. Je ne dis pas ça pour vous flatter, je dis ce que j’ai dans le cœur. Il y a quelque chose d’unique dans l’esprit français et dans son amour du rock’n’roll. »

Un geste symbolique et fort

Tatouage : Hughes porte désormais dans son dos la devise de Paris « Fluctuat nec mergitur » (Battue par les flots, mais ne sombre pas) — rappel visuel de ce lien qui le dépasse.

Le cas de figure est puissant : un Américain, rockeur au discours parfois clivant, qui se tourne vers la France non seulement par gratitude mais par désir d’appartenance. Cela dit, il ne s’agit pas encore de démarches administratives officielles annoncées, mais d’un désir clairement formulé.

Le contexte des commémorations du 10e anniversaire des attentats a clairement ravivé cette émotion : Hughes a chanté “You’ll Never Walk Alone” avec le Chœur du 13 et le chœur de Radio France, dans une cérémonie de fraternité.

Ce que cela révèle sur la résilience

Cet épisode dépasse la simple “envie de nationalité”. Il illustre un chemin de guérison, un dialogue ouvert entre un artiste et un pays qui l’a aidé à se relever. Hughes ne parle plus uniquement de rock’n’roll mais de solidarité, de lien humain, de combat contre l’oubli.

« Nous ne sommes pas des survivants. Nous sommes des guerriers du rock’n’roll », déclare‑t‑il. On voit ici la transformation d’un drame en engagement, d’un lieu de souffrance en symbole de renaissance.

Est-ce qu’il pourra réellement l’obtenir ?

Quel sera le prochain chapitre ? Hughes évoque un nouvel album des Eagles of Death Metal « pour les Français ».

Il ne confirme pas encore la nationalité, mais la formulation est nette : il n’est plus “juste de passage”. Pour la France, ce geste souligne encore une fois l’impact du soutien citoyen, des survivants, de la culture — et de cette promesse que le rock, qu’il soit en anglais ou non, peut rapprocher au‑delà des frontières.

Sources : entretien du 12/11/2025 dans Le Point, article RTL le 12/11/2025