Diffusé ce soir à 22h50 sur France 5, le documentaire Jack Lang, le beau rôle revient sur le parcours flamboyant de l’ex-ministre de la Culture. Mais à force de briller, ça éblouit un peu trop…
Jack Lang a-t-il eu “le beau rôle” ou s’est-il offert lui-même le premier rôle ? C’est la question qu’on se pose après avoir vu ce documentaire d’1h15 réalisé par François Jougneau. Diffusé ce vendredi 20 juin sur France 5. Présenté comme une plongée dans les coulisses de 60 ans de politique culturelle made in Lang, le film frôle parfois l’autocélébration en mode miroir à paillettes.
Jack Lang, star de sa propre légende
Créateur du Festival de Nancy en 1963, père de la Fête de la musique. Promoteur du prix unique du livre, amoureux des colonnes de Buren et de la pyramide du Louvre… Jack Lang a laissé une empreinte indélébile sur la culture française. Et le documentaire n’a pas peur d’en rajouter : archives personnelles, extraits de l’INA, chemise ouverte à la BHL, commentaires en voix off du principal intéressé. Tout y est.
Il raconte ses grandes réussites, ses échecs (vite balayés), ses combats politiques contre les “conservateurs” (coucou Louis Pauwels), et son soutien constant aux libertés, notamment sexuelles. Bref, Jack se raconte, Jack se célèbre.
Un documentaire très personnel… parfois trop
S’il y a du panache dans ce portrait, comme le note Télérama, il manque cruellement de nuances. Pas ou peu d’angles morts explorés, de contradictions assumées, ni de critiques sérieuses sur ses choix ou ses échecs. Un peu plus de recul n’aurait pas fait de mal.
À 85 ans, Jack Lang est toujours à la tête de l’Institut du monde arabe, reconduit pour un quatrième mandat en décembre 2023. Une longévité politique rare, qu’il commente lui-même avec une certaine gourmandise. Ce documentaire, au final, lui sert surtout de tribune bien éclairée.
Faut-il regarder Jack Lang, le beau rôle ce soir ?
Oui, si vous voulez réviser votre Histoire de la culture française et admirer le style très “langien” d’un homme qui a toujours su se mettre en scène. Non, si vous cherchez un vrai documentaire critique ou une analyse fouillée des zones d’ombre du personnage.



