Isack Hadjar : le prodige franco-algérien devient champion de la Formule 1

la Rédaction

Le dimanche 31 août 2025 restera comme une date historique pour le sport automobile français. À seulement 20 ans, Isack Hadjar a décroché son tout premier podium en Formule 1 lors du Grand Prix des Pays-Bas, disputé sur le mythique circuit de Zandvoort. Une performance qui n’est pas seulement une récompense personnelle, mais aussi un signal fort envoyé à tout le paddock : le jeune rookie est déjà prêt à jouer dans la cour des grands.

Un podium qui lance une carrière

Parti 4ᵉ sur la grille, Hadjar a fait preuve de maîtrise et de sang-froid tout au long de la course. Alors que la bagarre faisait rage aux avant-postes entre Oscar Piastri et Max Verstappen, le Français a su profiter d’une stratégie propre et d’un abandon malheureux de Lando Norris pour se hisser sur la troisième marche du podium. Résultat : derrière le vainqueur Piastri et le double champion du monde Verstappen, c’est bien le nom d’Hadjar que l’on a entendu résonner dans les tribunes néerlandaises.

Pour son équipe, Visa Cash App Racing Bulls, ce podium a valeur de consécration. L’écurie sœur de Red Bull, souvent cantonnée à un rôle d’équipe de développement, peut désormais se vanter de posséder l’un des rookies les plus prometteurs du plateau.

De Paris aux paddocks de F1

Né le 28 septembre 2004 à Paris, Isack Alexandre Hadjar a grandi dans une famille franco-algérienne. Son père, physicien quantique, l’a initié très tôt à la rigueur scientifique et à la précision, valeurs qu’on retrouve dans son pilotage réfléchi. Sa mère, issue des ressources humaines, l’a accompagné dans la construction de son mental.

Son histoire avec la vitesse commence par hasard : enfant, il découvre le film Cars, et réclame aussitôt un kart. À 7 ans, il fait ses premiers tours de piste. Rapidement, les victoires s’enchaînent en karting national puis international. Avant de s’installer en monoplace, il avait pourtant flirté avec d’autres disciplines, comme le judo ou la boxe. Mais c’est bien sur l’asphalte qu’il a trouvé son terrain de jeu naturel.

Une ascension fulgurante

En 2019, il débute en Formule 4 et s’illustre par sa vitesse pure. L’année suivante, il passe à la Formule Régionale, puis en 2021, il rejoint la Formule 3 où il s’impose comme l’un des rookies les plus brillants du plateau. Intégré au Red Bull Junior Team, il attire l’œil des dirigeants de Milton Keynes, toujours à l’affût de nouveaux talents.

En Formule 2, la marche est plus haute, mais Hadjar confirme. Après une saison 2023 en demi-teinte, il explose en 2024 avec Campos Racing : 4 victoires, 8 podiums et un titre de vice-champion du monde derrière Théo Pourchaire. Le destin est alors scellé : en 2025, il fait le grand saut en Formule 1.

Premier pilote arabe en F1

Outre son talent, Hadjar porte un symbole fort. Avec ses racines algériennes, il est devenu le premier pilote arabe à courir en Formule 1. Une fierté qu’il assume pleinement : dans sa chambre d’hôtel comme sur ses réseaux sociaux, il fait cohabiter le drapeau tricolore et le vert-blanc-rouge algérien. « Je suis Français, mais aussi arabe. C’est important pour moi de représenter les deux cultures », confiait-il récemment à Reuters.

Cette double identité fait de lui une source d’inspiration pour de nombreux jeunes fans à travers le monde, notamment dans le monde arabe, où la Formule 1 connaît un essor grandissant.

Le “Little Prost”

Surnommé “Little Prost” par Helmut Marko, conseiller de Red Bull, Hadjar impressionne par sa maturité. Là où d’autres jeunes pilotes misent sur l’agressivité, lui préfère l’analyse et la gestion. Un style qui rappelle celui d’Alain Prost, quadruple champion du monde, plus cérébral que spectaculaire.

Cette intelligence de course ne l’empêche pas d’être combatif. À Melbourne, en début de saison, il avait vécu une cruelle désillusion en sortant de piste dès le tour de formation. Loin de se laisser abattre, il avait rebondi en marquant des points dès les courses suivantes. À Monaco, il a même terminé 6ᵉ après un week-end agité.

Une étoile qui ne cesse de grandir

Avec ce premier podium, Isack Hadjar vient d’entrer dans une nouvelle dimension. À 20 ans, il devient le plus jeune pilote français de l’histoire à monter sur un podium de F1. Son palmarès ne fait que commencer, mais déjà, les comparaisons fusent. Est-il le futur successeur d’Ocon et Gasly ? Voire l’héritier de Prost ?

Lui garde les pieds sur terre. « Ça me paraît encore un peu irréel. Je suis super heureux pour mon équipe et ma famille. C’était mon rêve depuis que je suis gamin », a-t-il déclaré à l’arrivée, sourire aux lèvres.

Une carrière qui s’annonce spectaculaire

La suite s’annonce passionnante. Dans une saison 2025 où Red Bull reste solide mais contestée, et où McLaren, Ferrari et Mercedes se disputent les podiums, Hadjar vient de prouver qu’il pouvait saisir sa chance. Son avenir pourrait vite s’écrire dans une écurie de pointe, à condition de confirmer sur la durée.

Quoi qu’il en soit, la Formule 1 vient de se trouver un nouveau visage. Et ce visage est celui d’un Franco-Algérien de 20 ans, qui rêve de devenir champion du monde. Avec ce premier podium, Isack Hadjar a mis tout le monde d’accord : l’histoire ne fait que commencer.