Akram Junior, l’influenceur automobile multimillionnaire, victime d’un home-jacking : trois accusés devant les assises dès demain

la Rédaction

Dans le monde des voitures de luxe, son nom circule partout. Akram Ojjeh Junior, plus connu sous le pseudonyme Akram Junior, est l’un des influenceurs automobiles français les plus suivis. Fils d’Akram Ojjeh, homme d’affaires syro-saoudien à l’origine du groupe TAG, il a grandi entouré de Porsche, Ferrari et Lamborghini. Aujourd’hui, il partage cette passion avec plus d’un million de followers sur YouTube et Instagram, où il publie régulièrement des vidéos de ses bolides et de ses road-trips.

Mais derrière les vitrines de supercars et de lifestyle de luxe, sa fortune colossale — estimée à plusieurs dizaines, voire centaines de millions d’euros — l’a transformé en cible idéale. Et en août 2021, sa vie a basculé dans l’horreur lors d’un home-jacking ultra-violent.

Le cauchemar d’une nuit à Rueil-Malmaison

Dans la nuit du 17 au 18 août 2021, trois hommes encagoulés pénètrent dans la villa familiale d’Akram Junior, à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. À l’intérieur : l’influenceur, son épouse, leurs jeunes enfants et la mère du trentenaire. L’irruption est brutale. Les malfaiteurs menacent la famille, ligotent Akram et son épouse, et les séquestrent plusieurs heures.

Les voleurs fouillent la maison à la recherche de bijoux, d’espèces et de montres de luxe. Selon l’enquête, le butin atteint plusieurs centaines de milliers d’euros. Mais au-delà de la perte matérielle, ce sont surtout les traumatismes psychologiques laissés chez les victimes qui marquent cette nuit. “On a cru qu’on allait mourir”, aurait confié une proche aux enquêteurs.

Une enquête minutieuse pour identifier les braqueurs

Dès les premières heures, la brigade de répression du banditisme (BRB) est mobilisée. Les indices recueillis sur place et l’exploitation des téléphones des suspects permettent de remonter leur piste. En quelques mois, trois hommes âgés d’une vingtaine d’années sont arrêtés.

Leur profil ? Des braqueurs déjà connus de la justice pour des faits de vols aggravés et de violences. Pour les enquêteurs, le home-jacking avait été précisément ciblé : les malfaiteurs connaissaient la notoriété et la fortune d’Akram Junior. Les réseaux sociaux, où il affichait voitures de luxe et vie confortable, auraient servi de “vitrine” aux cambrioleurs.

L’ouverture du procès à Nanterre

Ce lundi 1er septembre 2025, s’ouvre à la cour d’assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre, le procès de ces trois accusés. Ils comparaissent pour vols aggravés en bande organisée, séquestration et violences. Des faits passibles de lourdes peines : jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Le ministère public entend démontrer le caractère prémédité de l’opération. La défense, elle, pourrait tenter de minimiser la gravité des faits, arguant d’un “coup de main mal préparé”. Mais pour les victimes, la plaie reste béante. Akram Junior et sa famille devraient témoigner à la barre, racontant l’angoisse d’une nuit où leur vie a basculé.

La rançon de la célébrité sur les réseaux sociaux

Jusqu’où peut-on exposer sa richesse en ligne sans attirer les convoitises ? Comme d’autres influenceurs ciblés par des braqueurs — de Maeva Ghennam à Just Riadh —, Akram Junior illustre le revers de la médaille d’une vie hyper-médiatisée.

Les enquêteurs ont relevé que les cambrioleurs connaissaient la maison et savaient qu’elle abritait de nombreux biens de luxe. Les publications régulières d’Akram sur ses voitures, ses montres et son quotidien auraient pu servir de guide aux malfaiteurs.

Un procès symbolique

Au-delà du sort d’Akram Junior, ce procès devient symbolique. Il met en lumière la vulnérabilité des personnalités publiques, mais aussi la violence croissante des home-jackings en région parisienne. Rien qu’en 2021, plusieurs dizaines de cas avaient été recensés en Île-de-France, touchant aussi bien des anonymes que des célébrités.

Pour l’influenceur, qui continue aujourd’hui de partager sa passion automobile, ce procès représente l’espoir d’une reconnaissance judiciaire du traumatisme vécu par lui et sa famille. Reste à savoir quelle peine sera prononcée à l’encontre des trois accusés, dont les témoignages devraient être scrutés avec attention.

Une affaire qui dépasse l’automobile

Si Akram Junior a bâti son image sur la passion des voitures, le drame qu’il a vécu rappelle que derrière les vitrines de luxe, il y a des vies familiales, parfois brisées. Ce home-jacking rappelle à quel point les réseaux sociaux, utilisés comme vitrines de réussite, peuvent aussi devenir des catalyseurs de violence.

Le verdict, attendu dans les prochains jours, dira si la justice a su mesurer la gravité des faits. Pour Akram Junior et ses proches, la nuit d’août 2021 ne s’effacera jamais.