I Know Your Soul, mini-série bosnienne en six épisodes, diffusée d’un bloc ce jeudi soir sur Arte, sombre et puissante interroge les silences, les douleurs muettes et les failles d’une société qui peine à regarder sa jeunesse droit dans les yeux.
Alors forcément, une question se pose : est-ce que cette histoire est tirée d’un fait réel ?
Une tragédie intime et sociale
L’intrigue s’ouvre à Sarajevo. Un adolescent se jette dans le vide depuis un immeuble sans aucune explication, alors bien-sûr, au début, ce geste brutal paraît incompréhensible.
Très vite, l’enquête est confiée à Nevena Murtezic, une procureure en pleine tourmente personnelle. Pour les parents du garçon, c’est l’incompréhension totale : leur fils n’avait aucun problème. Mais les apparences sont souvent trompeuses, et l’enquête va faire émerger des zones d’ombre, notamment des suspicions de harcèlement scolaire.
Le père du jeune homme, excédé par l’inaction des autorités, décide de parler publiquement. Et c’est là que tout déraille puisqu’il met en lumière des dysfonctionnements qui dépassent le simple cadre d’un drame familial.
Une œuvre de fiction… ancrée dans le réel
Malgré son réalisme cru et sa narration sans fioritures, I Know Your Soul n’est pas adaptée d’une histoire vraie. Les créateurs Jasmila Žbanić et Damir Ibrahimović ont imaginé ce récit de toutes pièces.
Pourtant, difficile de ne pas y voir un miroir de tant de tragédies réelles. Car des adolescents qui sombrent dans le silence, des institutions qui ferment les yeux, des familles dévastées par l’incompréhension, malheureusement, ce n’est pas de la fiction.
Un écho universel
Présentée à la Mostra de Venise en 2023 et multi-récompensée au festival du film de Sarajevo en 2024, I Know Your Soul a déjà marqué les esprits.
Arte ne s’y est pas trompée en la programmant dans une case de prestige. Le sujet (le mal-être adolescent, le harcèlement, l’indifférence institutionnelle) résonne partout, que l’on vive à Sarajevo, à Paris ou ailleurs.
Alors non, I Know Your Soul ne raconte pas une histoire vraie, mais ce qu’elle dit l’est profondément.





