C’est une petite révolution dans la langue française, et elle vient tout droit du rap. En 2025, le mot « gâté », popularisé par SCH, fait son entrée officielle dans Le Petit Robert.
Un terme affectif à la sauce marseillaise, qui s’impose désormais comme un vrai mot du dictionnaire. Autrement dit, c’est validé. Et ce n’est pas juste une anecdote, c’est un moment symbolique pour la culture rap.
Un mot devenu culte grâce à SCH
Dans l’univers du rap français, SCH est connu pour son style unique, son image de mafieux classe, mais aussi pour son langage bien à lui. Depuis plusieurs années, l’expression « mon gâté » revient dans ses textes, ses interviews et sur ses réseaux. Pour beaucoup, elle évoque l’affection, la tendresse, le lien fort avec un proche. À force d’être utilisée, elle a quitté le cercle fanbase pour devenir un mot du quotidien.
Et maintenant, c’est officiel : Le Petit Robert 2025 accueille le mot « gâté, ée (nom) : terme d’affection. Mes gâtés. Petit(e) ami(e). » Autrement dit, ce que tu disais à ta moitié ou à ton pote depuis des mois sans savoir que tu parlais un français d’avant-garde.
Une reconnaissance symbolique pour la culture urbaine
Cette entrée dans le dictionnaire ne sort pas de nulle part. Elle fait suite à une séquence devenue virale en janvier 2025 : l’apparition de SCH dans l’émission Hot Ones, où Kyan Khojandi lui annonce que « mon gâté » est pressenti pour intégrer le dictionnaire. Présente sur le plateau, Géraldine Moinard, directrice de la rédaction des éditions Le Robert, confirme l’idée. SCH valide, les internautes s’enflamment… Et quelques mois plus tard, c’est chose faite.
Mais au-delà du clin d’œil à SCH, cette décision marque surtout l’évolution du français contemporain. Il s’ouvre de plus en plus aux langages populaires, issus du rap, des quartiers et des cultures régionales. Le mot « gâté » rejoint d’ailleurs d’autres termes marseillais comme « tarpin » ou « tanquer », eux aussi ajoutés en 2025.
Quand le dictionnaire parle la langue de la rue
Ce genre d’annonce fait toujours réagir, certains crient à la décadence de la langue, d’autres y voient au contraire un signe d’ouverture et de réalisme. Car soyons honnêtes, la langue évolue, et le dictionnaire n’a pas le choix s’il veut rester connecté à la façon dont on parle vraiment.
Le cas de « gâté » est intéressant parce qu’il montre l’impact culturel du rap, qui n’est plus seulement une musique. SCH, en répétant ce mot avec style et sincérité, l’a sorti de l’argot régional pour le propulser dans le langage courant… et désormais dans les pages du Robert.





