Depuis sa sortie sur la plateforme Max, la série française Malditos fait beaucoup parler d’elle. Portée par Céline Sallette et Damien Bonnard, cette fresque gipsy-thriller signée Jean-Charles Hue ne se contente pas de raconter une histoire de clan. Elle démonte, avec une rare justesse, des décennies de clichés sur les communautés gitanes et yéniches, sans tomber dans le pathos ni la carte postale.
Une série française engagée et viscérale
Créée par Jean-Charles Hue (Mange tes morts), Malditos est une série dramatique de 7 épisodes, tournée en Camargue. Elle suit Sara Torres (Céline Sallette), une cheffe de clan yéniche qui tente de protéger les siens dans une fête foraine abandonnée, menacée d’expulsion à cause de la montée des eaux. À ses côtés, Damien Bonnard incarne un membre de la famille aussi loyal que tourmenté.
Ici, pas de folklore romantique ni de misérabilisme. Hue, qui connaît intimement la culture yéniche pour l’avoir côtoyée de l’intérieur, signe une œuvre dense, enracinée, sans concession.
Céline Sallette et Damien Bonnard : des rôles puissants et incarnés
Céline Sallette impressionne en matriarche pragmatique, à la fois tendre et implacable. Elle porte son clan comme une reine d’un royaume à la dérive. Face à elle, Damien Bonnard, en homme de main taiseux, apporte une intensité brute, presque animale. Le duo fonctionne à merveille, entre tension, loyauté et secrets enfouis.
Le casting est enrichi de visages moins connus, souvent non-professionnels, qui ajoutent une touche de réalisme bluffante à la série.
Un western camarguais, moderne et politique
Si Malditos évoque un western, c’est par son ambiance : territoires sauvages, codes d’honneur, trahisons, survie. Mais au lieu de cowboys et de duels au soleil, on y trouve des caravanes, des terres inondées, et des conflits interclaniques. Le tout dans une Camargue sublimée par la caméra de Hue, à la fois magnifique et menaçante.
La série interroge aussi des thématiques profondément actuelles, l’exclusion, la transmission, la précarité territoriale, et la violence symbolique que subissent les groupes marginalisés.
Une déconstruction des stéréotypes sur les gitans
Ce qui fait la force de Malditos, c’est sa capacité à briser les stéréotypes. Trop souvent, les représentations des gitans à l’écran c’est voleurs de poules et diseuses de bonne aventure. Ici, on découvre une communauté multiple et complexe.
Pas de regard surplombant, pas de folklore simpliste. Juste des individus qui tentent de tenir debout dans un monde qui vacille.
Où voir Malditos ?
Malditos est disponible depuis le 2 mai 2025 sur Max, la plateforme qui rassemble désormais les contenus HBO, Discovery et OCS. On a adoré la série au Canneseries.





