Sorti en 2002, Gerry de Gus Van Sant est un ovni cinématographique. Porté par Matt Damon et Casey Affleck, ce drame minimaliste raconte la dérive de deux amis perdus dans un désert aride. Mais si l’histoire est déjà étrange, c’est surtout sa fin brutale qui hante encore les spectateurs plus de vingt ans après.
Une marche sans fin… jusqu’au point de rupture
Pendant plus d’une heure, Gerry nous plonge dans une errance silencieuse, rythmée par de longs plans séquences et un décor désertique hypnotisant. Les deux protagonistes, tous deux surnommés « Gerry », s’épuisent physiquement et mentalement à mesure que la soif et la faim les rongent.
La scène choc : un geste inexpliqué
Alors que Casey Affleck est à bout de forces, il murmure quelques mots avant de s’allonger dans le sable. Matt Damon s’approche… et, sans un mot, l’étrangle. Aucune musique dramatique, aucun cri — juste le bruit du vent. Ce moment, long et inconfortable, reste volontairement ambigu. Ce geste de compassion pour abréger ses souffrances ou perte de contrôle sous la pression ? Gus Van Sant ne donne jamais la réponse.
Un retour à la civilisation… ou à la réalité
Au petit matin, Damon marche seul jusqu’à croiser une route. Une voiture s’arrête et l’embarque. Le film se termine sur lui, silencieux, regardant le désert s’éloigner par la vitre. Aucun épilogue, aucun retour sur les événements. Juste un écran noir qui laisse le spectateur face à ses propres interprétations.
Pourquoi cette fin ne plaît pas à tout le monde ?
Certains y voient une métaphore sur l’amitié et la survie, d’autres un portrait de l’absurdité de l’existence.
Cependant, Gerry ne laisse personne indifférent. Cette conclusion, volontairement frustrante, est devenue la signature d’un cinéma contemplatif qui préfère questionner plutôt que répondre.





