FIBD 2026 : l’annulation d’une édition sonne‑t‑elle le glas du festival d’Angoulême ?

AM.wiss

Le 53ᵉ Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) ne sera pas là en 2026, officiellement annulé. Mais est‑ce pour autant la fin définitive de ce pilier de la BD française ? La question plane et l’avenir semble suspendu à plusieurs facteurs.

Pourquoi 2026 est annulée ?

L’édition 2026 du FIBD, prévue du 29 janvier au 1ᵉʳ février, a été annulée. Point final. Cette annulation n’est pas tombée du ciel. C’est le fruit d’un cocktail explosif, un boycott massif des auteurs et éditeurs, des accusations graves sur la gestion de l’organisation (notamment la société 9e Art+), et le retrait des subventions publiques, qui représentaient près de la moitié du budget.

Selon ses organisateurs, sans les fonds publics, sans les auteurs, sans les maisons d’édition (autant d’acteurs essentiels) le festival ne pouvait tout simplement pas avoir lieu.

Mais “annulé” ne veut pas dire “enterré”, du moins pas encore

L’annonce a été brutale, mais l’issue n’est pas gravée dans le marbre : plusieurs éléments laissent une porte entrouverte. Tout d’abord, juridiquement, 9e Art+ conserve le contrat d’organisation jusqu’en 2027. Autrement dit, la société demeure en place, même si sur la sellette.

Ensuite, des voix commencent à réclamer non pas la fin, mais la refondation du festival. Pour beaucoup dans le milieu de la BD, l’annulation de l’édition 2026 pourrait marquer le début d’une période de reconstruction autour de valeurs plus saines, transparence, respect des auteurs, gouvernance repensée.

Alors oui, l’idée que le festival puisse renaître sous une autre forme, avec d’autres responsables (ou un modèle remodelé) circule déjà.

Les obstacles à une reprise rapide

Mais le chemin sera long, semé d’embûches. Déjà, le boycott a laissé des traces profondes : rupture de confiance entre auteurs, éditeurs, public, organiser. Pour regagner un minimum d’autorité, il faudra une refonte sérieuse de la gouvernance, et des gages concrets.

En l’état, 2027 est incertaine. Même si 9e Art+ reste légalement le gestionnaire, la pression (des professionnels, des financements publics, de l’opinion) complique sérieusement toute relance.

Autre souci : la réputation. Après les accusations de « dérives » (licenciement d’une salariée après une plainte pour viol, opacité financière…), beaucoup craignent qu’un simple recyclage des anciens ne suffise pas à redonner envie.

Et si c’était le moment d’un “FIBD 2.0” ?

Plutôt que de considérer l’annulation comme un naufrage, certains voient l’occasion d’un nouveau départ. Ceux qui souhaitent un festival de BD respectueux des auteurs, transparent, moderne, pourraient en profiter pour repenser le format. Moins de gigantisme, plus d’éthique, une vraie implication des créateurs…

Ce type de “rebirth” a déjà été évoqué dans des groupes politiques et associatifs. Pour eux, la crise actuelle est un préalable à une refondation totale.

Mais pour que ça marche, il faudra du courage, de la volonté collective et accepter d’admettre que l’ancien modèle a fait son temps.

Verdict : festival mort ou en pause prolongée ?

Annuler 2026 ne signifie pas automatiquement que le FIBD est mort. Mais ça met un sérieux coup de frein, le plus dur.

Aujourd’hui, le festival est dans une salle d’attente douloureuse. Soit il renaîtra, refondu, revu, avec de nouvelles bases. Soit il sombrera dans l’oubli, s’il ne réussit pas à regagner la confiance.

Pour l’heure, la seule certitude, c’est que l’ombre d’un “FIBD 2.0” plane. Reste à voir si la BD, les auteurs et les institutions accepteront le défi.