Angoulême au bord du gouffre, les éditeurs et auteurs lâchent tout… l’édition 2026 pourrait ne jamais voir le jour

AM.wiss

Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême devait être une fête, comme chaque fin janvier. Sauf que là, franchement, on en est très loin. Depuis quelques semaines, les signaux rouges clignotent tous ensemble, et l’édition 2026 ressemble de plus en plus à un épisode final qu’on n’aurait jamais voulu binge-watcher. Auteurs en boycott, éditeurs qui suivent, organisateurs sous le feu, menace d’annulation… et même l’idée que le festival pourrait disparaître pour de bon

Un boycott historique qui fait boule de neige

Tout est parti de la fronde des autrices et auteurs. Réunis dans une inter-organisation particulièrement soudée, ils ont confirmé ce mardi qu’ils maintenaient leur boycott de l’édition 2026. Leur message est limpide, vraiment pas ouvert à l’interprétation. En gros, tant que la société 9eArt+ garde la main sur l’événement, même avec le départ annoncé de son directeur décrié Franck Bondoux, ils ne reviendront pas. Point final.

Et forcément, quand les artistes désertent un festival qui repose entièrement sur leur présence, les éditeurs ne mettent pas longtemps à réagir. Le Syndicat national de l’édition (SNE) a tranché net. L’édition 2026 « ne pourra plus se tenir ». Traduction, même si on voulait rafistoler l’événement à la dernière minute, il n’y a plus personne pour tenir les stands.

9eArt+ se dit ouverte au dialogue… mais le timing pique un peu

Coincée au centre de la polémique, la société 9eArt+, organisatrice du festival depuis 2007, tente un rétropédalage habile. Dans un communiqué publié mercredi, elle dit rester « ouverte à toute forme d’échanges » et espérer qu’une solution émergera. Mais entre l’opacité financière dénoncée par une enquête de L’Humanité magazine, les accusations de dérives commerciales et l’affaire très grave d’une salariée licenciée après avoir porté plainte pour viol en marge du festival… disons que la confiance n’est plus vraiment au beau fixe.

Pour les auteurs, c’est simple, la rupture est consommée. Et les éditeurs suivent exactement la même ligne.

L’organisation parle d’apocalypse, et franchement, c’est pas loin

Fausto Fasulo, co-directeur artistique du festival, ne tourne pas autour du pot. Il confie à Libération que « l’horizon n’a jamais semblé aussi apocalyptique ». Il va même plus loin en disant que l’annulation de 2026 pourrait entraîner la disparition définitive du festival. Oui, Angoulême, ce monstre sacré de la BD, pourrait tout simplement disparaître. On a connu ambiance plus joyeuse dans le monde du neuvième art.

Une lueur d’espoir… vite éteinte

Ironie du sort, il y a quelques jours à peine, une issue semblait se dessiner. L’ADBDA, association de médiation rassemblant les acteurs de la BD, devait piloter la mise en concurrence pour désigner un nouvel organisateur. Un moyen de remettre tout le monde autour de la table et repartir à zéro.

Même le ministère de la Culture tentait de calmer le jeu. Rachida Dati évoquait un soutien à « un événement incontournable, international ». Mais dans la même phrase, elle annonçait vouloir réduire de plus de 60 % la subvention du FIBD. Autant dire que ce n’était pas exactement la déclaration d’amour attendue.

2026, annulé… et après ?

Aujourd’hui, la situation est presque figée. Sans auteurs, sans éditeurs et avec une organisation discréditée, la tenue du festival paraît impossible. Et derrière cette édition fantôme, c’est tout un écosystème culturel, touristique, économique qui tremble.

Reste à savoir si 2026 sera une pause forcée avant un reboot, ou un générique de fin définitif pour l’un des festivals culturels les plus emblématiques de France.