À Athènes, l’hiver promet une huile d’olive nouvelle aux arômes du thym.
Du 31 janvier au 2 février 2026, Expotrof – The Greek Fine Food Exhibition investit de nouveau le MEC Paiania pour une 12e édition au cœur des produits grecs choisis, des rencontres B2B, et un programme d’animations à la fois pensé pour les professionnels (huiles de 20 heures et 24 heures), mais aussi pour les petits curieux. Scènes de live cooking, bars de dégustation (vin, miel, huile d’olive), remise de prix AFFA, rendez‑vous d’affaires avec des acheteurs du monde entier… l’événement est désormais devenu LE grand salon de la gastronomie grecque.
I. Expotrof 2026 : un temps fort pour la scène culinaire grecque
a. Une 12e édition attendue, un cadre clair
Trois jours, un lieu, une promesse.Expotrof 2026 se déroule du samedi 31 janvier au lundi 2 février au MEC Paiania à l’est d’Athènes ; l’accueil du public est prévu de 10h à 20h samedi et dimanche de 10h à 17h le lundi. Bien que l’orientation soit clairement B2B, la scénographie demeure accueillante : allées courtes, stands d’artisans-producteurs, zones de dégustation et d’ateliers permettant de passer de la découverte à la conversation professionnelle sans rupture de continuité.
b. Plus de dix ans d’ancrage, un format aiguisé
Apparu au milieu des années 2010, le salon est désormais reconnu comme plateforme incontournable pour « les trésors de la terre grecque » : produits de petite série, labels régionaux, producteurs artisans qui trouvent ici un accès direct aux décideurs de l’hôtellerie-restauration, de l’épicerie fine et du tourisme.L’organisateur, RM International, rappelle une continuité, puisque le premier événement a vu le jour en 2014, avec des événements parallèles de plus en plus fournis et une politique de rendez‑vous Food‑to‑Business (F2B) clairement assumée et réaffirmée
c. Chiffres et promesses : une photographie du marché
Le cru 2026, d’ores et déjà établi sur les listings intermédiaires entre 300 et 400 exposants, nourrit des espoirs de flux visiteurs professionnels substantiels, grâce à un programme « Buyers Square » et des rencontres programmées. Plusieurs annuaires de salons vont jusqu’à estimer un chiffre de la fréquentation potentielle qui pourrait atteindre les 50 000 visiteurs (estimation) dans une dynamique d’attractivité qui dépasse la seule capitale. En matière de contenu, le salon reconduit ses piliers : Cooking Greece (performances culinaires de chefs), Wine Walk (lieu de dégustation œnologique), Olive Oil Bar (initiation sensorielle à l’extra‑vierge), AFFA – Athens Fine Food Awards, et comme nouveauté, un « Honey Bar » pour découvrir la gamme du miel grec
II. Ce que dit l’événement : terroirs, transmission, stratégie
a.Une séquence où s’est produit une rencontre entre le producteur et le décideur
« Nous venons avec un produit, nous repartons avec une histoire à raconter à nos clients », résume Eleni Papadopoulou, fromagère de Thessalie (citation fictive). L’un des ressorts d’Expotrof, en effet, consiste à tourner la dégustation en récit : sur le même parcours, on peut sentir une thymari (miel de thym), comparer deux monovariétales d’olive (Koroneíki vs Tsounáti), goûter une graviera crétoise puis, en compagnie d’un sommelier, se placer vers les vins – des blancs d’Assyrtiko aux rouges de Xinomavro. Le tout s’adjugeant à un calendrier d’animations largement accessible, à la fois prévu pour que l’on rencontre, autant que faire se peut, la technique et aussi l’inspiration.
b. Un levier d’export pour les producteurs
Tous yeux sur le Buyers Square : à la recherche de sourcing d’huiles, fromages, miels, conserves raffinées, herbes et épices, s’y côtoient des acheteurs conviés certes d’Europe mais aussi d’Asie, d’Amérique du Nord.Pour les producteurs, c’est l’occasion d’accélérer la courbe de leur export en un week-end, en étant placés face à des acheteurs qualifiés, suivis après le salon. Les éditions récentes confirment la montée en puissance de cet outil devenu la marque de fabrique du salon (acheteurs sélectionnés, zones dédiées, planning de rencontres).
c. Un baromètre des tendances alimentaires
Les tendances fortes se dessinent au fil des stands : retour des variétés locales, explosion des condiments et des herbes aromatiques, montée en gamme des tartinables (pois chiches à la grecque, pistaches d’Égine), nouvelles boissons artisanales (micro-brasseries, kombuchas grecques), valorisation des produits IGP/AOP, et des procédés durables. Modérées par des séminaires (hygiène, sécurité, food waste, stratégies de marque), les discussions métiers vont bon train d’un hall à l’autre.
III. Programme 2026 : ce qu’il faut voir, goûter, écouter
a.Les « performances spectaculaires » : la cuisine comme scène.
Sur le plateau Cooking Greece, une dramaturgie de la poêle, du couteau, du produit brut. Chefs confirmés ou jeunes talents livrent techniques et accords, parfois en batailles amicales façon chef’s competition. Déglaçages en direct, marinades express, pluches millimétrées ; le spectacle est didactique, sensoriel. Certaines éditions annoncent même un « Mediterranean Chef’s Competition », clin d’œil à la circulation des savoirs culinaires en Méditerranée.
b. Les bars de la dégustation : miel, vin, huile d’olive.
Honey Bar (NOUVEAU) : espace consacré au miel grec (thym, pin, fleurs d’oranger…), avec des dégustations professionnelles et pédagogies sur la cristallisation, les terroirs et l’accord sucré‑salé.
Wine Walk : une place pour découvrir en courtes séquences les cépages et styles grecs, conduite par des sommeliers.
Olive Oil Bar : initiation aux défauts et qualités d’un extra‑vierge, comparaison de millésimes et d’origines.Ces stations – affluentes – contribuent à une expérience immersive où l’on apprend à nommer ce que l’on prend plaisir à nommer et à ce que l’on prend plaisir à aimer
c. Prix et rendez-vous : AFFA, B2B, Séminaires
Dans un moment attendu, les Athens Fine Food Awards (AFFA) ont pour objet de récompenser des produits pour leur qualité, leur innovation et l’expression du terroir, pendant que, autour, un agenda de séminaires pour les pros (marketing, export, réglementation), et des rencontres B2B, en continu, sont programmés. Horaires à retenir : samedi et dimanche 10 h–20 h, lundi 10 h–17 h.
IV. Spécialités grecques à l’honneur : cartes et territoires goûtés
a. Huiles d’olive et olives : la palette des terroirs
Si l’on ne devait retenir qu’un « héros » du salon, ce serait l’huile d’olive extra‑vierge : amertume fine, ardence plus ou moins marquée, vert herbacé ou notes d’amande, selon le terroir et la variété, la Grèce propose une palette séduisante pour les chefs et les acheteurs.L’Olive Oil Bar permet aux visiteurs de perfectionner leur vocabulaire sensoriel et d’apprendre à déceler les défauts (ranci, moisi) comme les qualités (fruité, équilibre) des huiles d’olive.
b. Fromages : feta… et ses suites
La feta n’est qu’un des échantillons d’un répertoire : graviera (Crète), kasseri, manouri, metsovone fumé… Des accords simples (huile, origan, citron) se mettent à la portée de la dégustation et apportent des réponses sur ce qui peut sublimer ces textures. Les démonstrations de cuisine revisitent parfois les classiques (pastitsio, gemista) à la manière contemporaine : moins de gras, plus de végétal, attentivité à la richesse aromatique des herbes.
c. Miel, herbes, douceurs : douceur et caractère
Le miel de thym retient la concentration – signature de l’arôme du pays –, mais on trouve aussi des miels de pin, de sauge et de maquis. Les herbes (origan, diktamos de Crète) précèdent le chapitre des infusions et des assemblages pour cuisines de soi.Sucré, loukoumia, pâtes d’amande, barres de sésame : une grammaire qui va bien aux épiceries fines internationales.
V. Meilleures éditions : repères, évolutions, moments‑phares
a. 2014–2020 : établir les bases
Les premières éditions ont circonscrit le champ : privilégier les petits producteurs, rendre visibles au niveau national des acteurs épars et en difficulté, établir un langage commun entre artisans et acheteurs. Le soutien d’instances (ministères, régions, chambres) a aidé à crédibiliser le moment.
b. 2025 : l’édition de la maturité
L’édition 2025 a fédéré 400 exposants et structuré un parcours Wine Walk‐Olive Oil Bar pour les visiteurs professionnels. Les courtes présentations « Food Expert Stories » et « Cooking Greece » ont joué de rôle d’accélérateurs de transmission, pratique et inspirante. Les acheteurs invités (programme Hosted Buyers) ont témoigné d’une entrée à l’exportation.
c.2026 : entre la consolidation et l’ouverture
Avec son Honey Bar en nouveauté, le retour des AFFA, et une mécanique B2B très huilée, Expotrof 2026 se profile comme l’édition de la consolidation : mieux accueillir, mieux orienter, mieux faire goûter. En filigrane, un enjeu : rendre visible la diversité d’une scène culinaire grecque qui ne se résume plus à trois iconiques.
VI. Penchants culturels et influences : quand la cuisine fait société
a. Hospitalité grecque : une esthétique, une éthique
La philoxénia (hospitalité) ne se résume pas à un mot‑clé touristique : c’est une éthique qui irrigue la cuisine, la salle, la mise en scène du partage. On retrouve dans le décor du salon cette scénographie : un fragment d’abord (un cube de fromage, une larme d’huile), puis la conversation naît, puis la carte s’ouvre. L’esthétique de l’abondance raisonnée – qualité, simplicité, saison – est devenue un argument de marque pour l’export. (Propos recueillis auprès d’exposants, synthèse rédactionnelle.)
b. Influences croisées : Méditerranée, diaspora, création
À la croisée des routes maritimes, la Grèce a toujours absorbé, transformé, recomposé. Aujourd’hui, revenaient des pickles d’agrumes, des épices d’Asie mineure, des pains discutant avec les anciennes céréales. Dans les démonstrations, les chefs se jouent des codes : taramasalata fouettée, salades ‑ herbes façon horta, poissons saisis à la minute au citron confit. C’est la créolisation méditerranéenne irrigue encore la restauration d’aujourd’hui.
c. De la scène culinaire à la scène musicale
Le salon n’est pas un festival de musique – et c’est mieux ainsi. Mais Athènes vit pleinement ses nuits : après les heures de dégustation, la ville propose une cartographie de salles où écouter rebetiko, rock, électronique ou jazz.Des établissements tels Gagarin 205, Fuzz, six d.o.g.s, Temple ou encore le Megaron (Athens Concert Hall) conjuguent soirées musicales et concerts tout au long de l’année : quoi de mieux, le soir venu, que de prolonger la découverte de la culture grecque par l’écoute musicale.
VII. Concerts « passés et à venir » : l’Athènes périphérique qui émerge au fil d’Expotrof
a. Hier : une ville à la suite des goûts
Dans le cadre des précédentes éditions (calendrier d’hiver oblige), Athènes a vu croiser les publics professionnels et les noctambuliens : après avoir descendu d’un bus d’expo, on se rend à pied au quartier‑concert (Gazi, Patisia, Monastiraki), on enchaîne assiettes de mezze et sets live dans un même quartier. Un faisceau d’offres musicales est mise en avant par les guides officiels de la ville, un environnement entre scènes alternatives et lieux institutionnels.
b. Aujourd’hui : une vibration continue
Sur le parallèle d’Expotrof 2026, attendez‑vous à une vibration régulière : bars‑concerts, DJ sets, mini‑festivals jalonnant l’hiver athénien. L’événement ne programme pas de concerts en propre mais se situe dans un écosystème urbain dans lequel on peut enchainer une journée de découvertes et une soirée musicale – rebetiko acoustique à Plaka, indé à Monastiraki, electro à Gazi. (Calendrier des salles mentionnées évolutif.)
c. Demain : vers des ponts artistes‑chefs ?
Plusieurs chefs se disent prêts à faire des propositions dans les domaines musicaux – banderoles sonores pendant les showcookings et playlists pensées comme des accords mets‑sons pour plusieurs d’entre eux. Des collectifs à vocation non officielle évoquent déjà, sur d’autres salons, des compétitions culinaires « méditerranéennes » ouvertes au public. La porosité entre scène culinaire et scène musicale pourrait croître, entre le sud et le nord de l’Europe.





