Escroquée par un faux Brad Pitt de 830 000 €, Anne raconte tout dans son livre “Je ne serai plus une proie”

la Rédaction

On pourrait croire à une mauvaise blague, un sketch de late show américain. Pourtant non. L’histoire d’Anne, cette Varoise qui a vu s’évaporer 830 000 euros dans une relation virtuelle avec un soi-disant Brad Pitt, est tristement vraie. Après avoir longtemps porté le poids du ridicule et des regards moqueurs, elle reprend aujourd’hui la main. Son arme, ce n’est pas un procès ou une vengeance spectaculaire, mais un livre.

Le 24 septembre prochain paraîtra Je ne serai plus une proie, aux éditions Alisio. Rien qu’avec le titre, on sent le virage. Ce n’est plus la femme abusée, c’est la témoin qui raconte, la survivante presque, qui cherche à transformer une humiliation publique en un message d’avertissement.

Le scénario d’une manipulation bien huilée

Dans son récit, Anne déroule le fil. Tout commence par quelques messages sur Facebook. Une célébrité qui s’intéresse à vous, qui parle comme dans les interviews, qui laisse entendre qu’il veut se confier… Qui n’aurait pas eu un doute mêlé d’un petit frisson ? 

Puis, la mécanique se met en place. Des confidences, des promesses, des projets d’apparitions publiques côte à côte. Et soudain, les besoins financiers surgissent. Un voyage à financer, un procès à couvrir, des frais « urgents » qui paraissent logiques sur le moment.

On se dit toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Que les arnaques sentimentales, c’est pour les naïfs, les personnes isolées. Mais la vérité, c’est que ces réseaux savent manipuler les émotions, appuyer là où ça fait mal. Anne n’était ni stupide ni inconsciente. Elle était juste prise dans une toile très bien tissée.

L’argent perdu, mais pas seulement

830 000 euros, c’est une somme qui donne le vertige. Mais le plus lourd, ce n’est peut-être pas ça. Dans ses interviews, Anne explique que le plus dur a été le regard des autres. La honte, la peur de passer pour une “folle”, les journalistes qui titrent “elle croyait aimer Brad Pitt”. Et ce silence qui s’installe quand la vérité éclate, ce mélange de compassion et de ricanements qu’on devine derrière les sourires.

C’est ce qu’elle décortique dans son livre. Le poids psychologique d’une arnaque, l’isolement, la difficulté à en parler sans se sentir jugée. C’est sans doute là que son témoignage prend une force particulière.

De victime à témoin d’une spirale

Avec Je ne serai plus une proie, Anne ne cherche pas à se faire plaindre. Elle revendique une autre posture. Une sorte de manuel à travers son histoire. Le livre met en lumière les techniques de manipulation, la façon dont les escrocs savent créer une dépendance affective et couper peu à peu leurs victimes du monde réel.

Ce n’est pas qu’un récit intime, c’est aussi une mise en garde. Car les faux profils de stars, les love scams, les arnaques sentimentales en ligne explosent depuis des années. Des milliers de victimes, souvent silencieuses, parce qu’elles ont peur d’être tournées en ridicule.

Une sortie attendue fin septembre

Proposé à 17,90 € en version papier, 12,99 € en numérique, l’ouvrage sera disponible fin septembre. On peut parier qu’il fera du bruit, d’abord parce que l’histoire a déjà fasciné les médias, ensuite parce que ce témoignage va trouver un écho chez beaucoup plus de gens qu’on imagine.

Et peut-être qu’au fond, c’est la meilleure revanche qu’Anne pouvait prendre. Transformer l’arnaque en leçon collective. Se servir de sa voix pour alerter, au lieu de rester figée dans le rôle de la « femme qui s’est fait avoir par un faux Brad Pitt ».