Le 10 juin prochain, Nasdas, l’un des influenceurs les plus puissants de TikTok en France, sera entendu par la commission d’enquête parlementaire sur les dérives de TikTok. Une audition qui s’annonce électrique, à l’image de ses vidéos virales tournées dans le quartier Saint-Jacques de Perpignan.
Au programme, dons d’argent, influence sur les jeunes et responsabilité des créateurs de contenu. Mais que lui reproche-t-on exactement ? Décryptage.
Nasdas, une figure atypique de l’influence « de quartier »
Avec plus de 3,7 millions d’abonnés sur TikTok et 9,2 millions sur Snapchat, Nasdas est une star des réseaux. Il s’est surtout fait connaitre avec ses fameuses opérations de redistribution d’argent dans son quartier. Des billets distribués en direct, des cadeaux offerts à ses abonnés. Le tout filmé et diffusé pour des millions de vues.
Mais derrière cette image de Robin des Bois 2.0, certains élus pointent du doigt des dérives, spectacularisation de la pauvreté, normalisation des comportements à risque, et surtout, impact psychologique sur les mineurs.
Une commission d’enquête inédite sur les effets de TikTok
La commission, présidée par le député Arthur Delaporte, a été créée suite à une résolution votée en mars 2025 à l’Assemblée nationale. Son objectif est d’évaluer les effets de TikTok sur la santé mentale des jeunes.
En particulier la manière dont certains contenus peuvent inciter à des comportements compulsifs (lives, achats de cadeaux virtuels, surconsommation). Mais aussi exposer les mineurs à des contenus sensibles, ou encore valoriser des figures d’influence controversées.
C’est dans ce cadre que Nasdas est convoqué, aux côtés d’une dizaine d’autres créateurs de contenu, dont AD Laurent, Julien Tanti et Manon Tanti.
Ce que l’Assemblée veut comprendre
Lors de cette audition, plusieurs sujets seront mis sur la table. Les fameux « matchs TikTok », ces compétitions entre créateurs pour récolter un maximum de cadeaux virtuels, parfois très coûteux pour les jeunes abonnés.
Les dons d’argent mis en scène, perçus par certains comme une forme de pression sociale ou de marketing émotionnel. Le « rapport aux plus jeunes », donc à quel point ces créateurs influencent-ils les décisions, l’humeur et les comportements des ados ?
Les parlementaires compareront les pratiques de TikTok avec celles de sa version chinoise, Douyin, qui limite plus sévèrement l’accès des mineurs aux contenus.
Une audition symbolique (et stratégique)
Cette convocation marque une prise de conscience politique de l’impact des réseaux sociaux sur les nouvelles générations.
Nasdas devient malgré lui le visage d’un débat bien plus large. Sur l’encadrement de l’économie de l’attention, la protection des mineurs en ligne et la régulation de l’influence digitale.





