Deux ans après sa tentative de suicide, Alexis Beka Beka marque et émeut toute la Belgique

AM.wiss

Deux ans après avoir frôlé l’irréparable, Alexis Beka Beka retrouve le terrain, le ballon, et surtout le sourire. Le milieu français a marqué ce week-end son premier but avec La Louvière, en première division belge, symbole d’une reconstruction lente mais déterminée. Un moment fort, partagé par tout le vestiaire.

Une renaissance qui ne tient pas qu’au football

Au stade Bosuil d’Antwerp, samedi soir, l’émotion a presque pris le dessus sur le résultat. À neuf minutes de la fin, Alexis Beka Beka, entré en cours de jeu, ajuste une frappe placée. Le ballon finit au fond. La Louvière s’inclinera malgré tout (1-3), mais peu importe, car l’essentiel était ailleurs. Sur le banc, coéquipiers et staff exultent. Le joueur, lui, esquisse un sourire retenu, presque surpris par sa propre histoire qui se remet en mouvement.

Ce but, le premier en match professionnel depuis août 2022, a des allures de respiration profonde. Comme lorsque l’on remonte à la surface après avoir passé trop longtemps sous l’eau.

Un épisode qui avait choqué le football français

Revenir à ce soir de septembre 2023 reste difficile. À Nice, sur le viaduc de Magnan, le jeune milieu de terrain de 22 ans à l’époque menace de mettre fin à ses jours. La scène dure plusieurs heures. Secours, psychologue, négociateurs… le football retient son souffle. Finalement, il descend. Il est sain et sauf. Mais le choc est immense.

L’affaire avait mis en lumière la pression silencieuse vécue par de nombreux joueurs, entre attentes sportives, image publique et solitude. Beka Beka disparaît ensuite des terrains. Il quitte l’OGC Nice. S’éloigne. Se reconstruit.

« Il a traversé quelque chose que peu de gens peuvent comprendre », glisse aujourd’hui une source proche du joueur. « Le football n’était plus la priorité, il fallait d’abord soigner l’homme. »

Caen, puis La Louvière, les lieux du retour progressif

Pour se relever, Beka Beka revient à Caen, son club formateur. Pas sous les projecteurs. En National 3, loin des caméras. Il rejoue, doucement, sans enjeu immédiat. En mai dernier, il inscrit un but avec la réserve. Un détail sportif, mais un signal psychologique.

Puis vient La Louvière, promue en Jupiler Pro League. Un club familial, où l’on prend le temps. « Quand il a marqué, tout le banc était heureux », confie son entraîneur, Frédéric Taquin, au micro de DAZN. « On sait d’où il revient. Ce n’est pas juste un joueur qui retrouve la compétition. C’est quelqu’un qui s’est relevé. »

Sur les réseaux, les réactions se multiplient : messages de soutien, respect, admiration. La communauté du foot n’oublie pas ce qu’il a traversé.

Un chemin encore long, mais déjà essentiel

Le football, parfois, raconte autre chose que des scores. Il raconte des corps qui se relèvent, des regards qui reprennent confiance, des destins qui ne se résument pas à une carrière. Alexis Beka Beka n’a pas “gagné”. Il avance. Et son but à Antwerp ressemble à un premier pas vers la continuité.

La suite dépendra du temps, de la sérénité, des épaules qui l’entourent. Pour l’instant, il rejoue. Et ça compte déjà beaucoup. Certaines victoires ne sont pas dans les tableaux d’affichage.