De Paris à Alger, Samir Chergui devient une star nationale

AM.wiss

En quelques jours seulement, Samir Chergui est passé du statut de joueur méconnu du grand public à celui de figure adorée en Algérie. Son naturel, sa simplicité et son implication lors du dernier rassemblement ont créé un engouement inattendu, presque instantané. La « Cherguimania » est désormais bien installée.

L’éclosion d’une popularité inattendue

Lorsque Samir Chergui, 26 ans, défenseur du Paris FC en Ligue 1, pose le pied sur le sol algérien début octobre, personne n’imagine la suite. Pas de mise en scène, aucune tenue extravagante. Juste un survêtement blanc, une sacoche passée en bandoulière, un sac à dos, et un sourire tranquille. Ce qui aurait pu passer inaperçu devient le point de départ d’un phénomène.

Des vidéos tournées à l’aéroport de Houari Boumediène circulent rapidement sur TikTok et X. Pas de pose calculée, pas de regard caméra, juste un joueur « normal », approchable, presque familier. « Je ne pensais pas que ça allait prendre autant. Je m’habille comme ça tous les jours » glisse-t-il. Cette simplicité plaît. Beaucoup.

À côté de lui, Luca Zidane, également convoqué, attire les regards prévus. Pourtant, c’est Chergui qui capte l’affection. L’Algérie aime les profils humbles, ceux qui ne forcent jamais la séduction. Chergui coche exactement cette case.

Une première sélection qui change tout

Sur le terrain, il ne se contente pas de faire acte de présence. Sa première sélection est marquée par de vraies prises d’initiative. Percées balle au pied, engagement dans les duels, communication constante avec ses coéquipiers. Et même un accrochage musclé avec un joueur ougandais. Pas de geste de trop, mais suffisamment pour montrer qu’il ne vient pas en touriste.

Les supporters commentent en boucle. « Lui, au moins, il respecte le maillot ». « On dirait un gars du quartier, mais en pro ». « On veut plus de joueurs comme ça ». La rhétorique est claire. Chergui n’est pas seulement apprécié pour ce qu’il fait, il est aimé pour ce qu’il représente.

Un nouveau visage pour les Fennecs

L’équipe nationale cherche à se reconstruire, entre nouvelles têtes et recherche de cohésion. Chergui arrive au bon moment. Son énergie apporte quelque chose de neuf, quelque chose d’authentique. Le sélectionneur l’a bien compris puisqu’il l’a rappelé lors du rassemblement suivant.

Le joueur, lui, savoure, mais reste prudent. « Je travaille. Je veux m’installer sur la durée. Le reste, c’est le terrain qui décide ». Pas d’excès de discours, pas de punchlines. Une communication directe, presque déconcertante dans un milieu où beaucoup surjouent.

Les supporters rêvent déjà plus grand. CAN, Coupe du monde, ils projettent vite. Peut-être trop vite. Chergui, lui, garde les pieds ancrés au sol, même si son cœur, lui, est clairement en Algérie.

La naissance d’un symbole

Ce qui touche chez Chergui, c’est l’évidence. Comme si son histoire coulait de source. Un joueur formé en France, discret, bosseur, qui trouve en Algérie un public à son image. Le football est parfois simple. Une attitude, un regard, une façon d’être, et un pays vous adopte.

La « Cherguimania » ne tient pas au buzz. Elle vient du réel. Et ça, dans un football où beaucoup se construisent des personnages, ça fait la différence.

Rien n’est encore figé, la suite s’écrira match après match. Mais pour le moment, Samir Chergui a déjà gagné une chose précieuse, l’amour d’un peuple, et ça ne s’achète pas.