En 2002, Gus Van Sant surprend tout le monde avec Gerry. Porté par Matt Damon et Casey Affleck, ce drame minimaliste est vite devenu un objet culte. Mais aussi un vrai casse-tête pour beaucoup de spectateurs. Pas d’action spectaculaire, pas de dialogues interminables, juste deux hommes, un désert, et un mystère qui plane jusqu’à la dernière image.
Un scénario qui tient en une phrase
Deux amis partent en randonnée dans le désert. Ils se perdent. Voilà. C’est tout. Et pourtant, Gus Van Sant en tire un film de 1h43 qui hypnotise autant qu’il désarçonne. L’intrigue avance à pas lents, au rythme de longs plans fixes et de silences pesants.
Un désert plus fort que les dialogues
Ici, le décor est un personnage à part entière. Les paysages arides de l’Argentine, de la Jordanie et des États-Unis écrasent les protagonistes, effacent les repères et transforment la marche en expérience quasi mystique. Certains spectateurs parlent de chef-d’œuvre contemplatif, d’autres d’ennui monumental.
Une fin qui laisse sans voix
Sans spoiler les détails, disons simplement que le dernier quart d’heure de Gerry ne donne aucune explication et coupe net toute tentative de “comprendre” l’histoire. Un choix volontaire qui renforce l’aura énigmatique du film et nourrit les débats depuis plus de vingt ans.
Pourquoi Gerry est (encore) culte ?
Parce qu’il ose tout. Réalisé, écrit et joué par Gus Van Sant, Matt Damon et Casey Affleck, Gerry casse toutes les règles du récit classique. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à marquer ceux qui accepteront de se perdre dans son univers. Et ça, c’est la définition même d’un film culte.





