Quatre ans après la Palme d’or de Titane, Julia Ducournau était attendue au tournant. Avec Alpha, son troisième long-métrage, la cinéaste livre un film aussi radical que déroutant, qui embrase déjà la critique française et internationale. D’un côté, certains parlent d’un choc visuel et émotionnel, de l’autre, on crie à l’exercice de style vain. Un clivage titanesque, fidèle à la réputation d’une réalisatrice qui ne laisse personne indifférent.
On résume le pitch
Dans Alpha, on suit Amin (Tahar Rahim), sa sœur médecin (Golshifteh Farahani) et sa fille Alpha (Mélissa Boros), soupçonnée d’être porteuse d’un virus mystérieux. Très vite, le récit prend des allures d’allégorie.
Poussière rouge, corps qui se figent, peur collective. Ducournau convoque la mémoire des années sida, mais au-delà de la métaphore, elle interroge la mécanique éternelle de l’exclusion et du rejet.
Un film qui n’a pas plu à tout le monde
C’est justement ce mélange de symboles et d’images puissantes qui divise. Les partisans saluent un film somptueux, une fresque viscérale où chaque plan est une gifle esthétique. Ils parlent d’une œuvre courageuse, qui ose traiter un sujet brûlant par le prisme du fantastique.
En face, les détracteurs dénoncent une mise en scène trop démonstrative, un scénario qui s’égare dans ses propres métaphores, et un Tahar Rahim jugé parfois caricatural dans sa descente aux enfers.
Une cinéaste qui clive depuis toujours
Au fond, ce qui fait débat, ce n’est pas seulement Alpha, mais Ducournau elle-même. Depuis Grave puis Titane, la cinéaste est devenue une figure clivante du cinéma françaisAdulée pour sa radicalité, exaspérante pour la même raison. Avec Alpha, elle confirme sa place à part. Pas de consensus, pas de tiédeur : on adore ou on déteste. Et c’est peut-être là, justement, sa plus grande victoire.





