AD Laurent accuse Orelsan en plein direct : l’Assemblée nationale sous tension

la Rédaction

L’influenceur AD Laurent a surpris tout le monde, lundi 10 juin, en citant Orelsan au beau milieu de son audition devant les députés

Mais pourquoi le rappeur normand s’est-il retrouvé au cœur d’un débat sur les dérives de TikTok ? Décryptage.

Une audition très attendue

Convoqué par la commission d’enquête sur l’impact de TikTok sur la santé mentale des mineurs, Adrien Laurent, alias AD Laurent, est arrivé à l’Assemblée nationale bien décidé à se défendre. Visé pour des contenus jugés « dégradants » ou « violents », l’ex-candidat de téléréalité devenu influenceur sulfureux sur les réseaux sociaux s’est retrouvé face à une série de questions pointues sur la responsabilité des créateurs en ligne.

Et c’est dans ce contexte qu’il a prononcé un nom inattendu, Orelsan.

Orelsan, bouc émissaire ou exemple ?

« Je suis critiqué pour des propos soi-disant choquants, mais Orelsan peut chanter Sale pute et vendre des millions d’albums. On fait deux poids deux mesures. » Cette phrase, lâchée presque à mi-voix, a glacé l’ambiance.

Le rappeur caennais, connu pour ses textes crus mais souvent ironiques ou satiriques, a en effet été au cœur d’une polémique en 2009 pour ce titre. À l’époque, une plainte avait été déposée, mais il avait finalement été relaxé, au nom de la liberté d’expression artistique.

En invoquant ce précédent, AD Laurent tente une manœuvre bien connue : détourner la critique pour mieux dénoncer une supposée hypocrisie. Selon lui, on fermerait les yeux sur la violence verbale de certains artistes mainstream. Tout en tapant fort sur les influenceurs qui s’expriment sur TikTok ou Instagram.

Une comparaison qui divise

Ce parallèle n’a pas manqué de faire réagir. D’un côté, certains soutiennent AD Laurent. Estimant que les artistes et les influenceurs devraient être soumis aux mêmes exigences en matière de contenu.

De l’autre, beaucoup pointent une différence de fond. Un clip musical ne s’adresse pas à un public aussi jeune, aussi directement, que les vidéos virales diffusées sans filtre sur les réseaux sociaux. 

Sans parler du fait qu’Orelsan, contrairement à AD Laurent, ne fait pas la promotion de comportements explicites sous couvert d’humour ou de « buzz ».

La stratégie d’AD Laurent : se poser en victime

En s’attaquant à Orelsan, AD Laurent ne cherche pas tant à déclencher un clash qu’à repositionner le débat.

Il se présente en cible d’une chasse aux sorcières numérique, où les créateurs sont mis à l’index sans prise en compte de leur droit à la liberté d’expression. Une posture de « victime des élites » qui fonctionne bien sur les réseaux sociaux. Mais qui a peu convaincu les députés, manifestement lassés ses pirouettes rhétoriques.