C’est une nouvelle qui fait grand bruit dans le monde de la littérature et de la liberté d’expression. Boualem Sansal, l’écrivain franco-algérien réputé pour ses critiques ouvertes envers le pouvoir algérien, a été condamné ce jeudi à 10 ans de prison ferme. Cette décision de la justice algérienne choque et suscite une vague d’indignation à l’international.
Un verdict sans appel pour Boualem Sansal

Arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger alors qu’il s’apprêtait à se rendre en France, Boualem Sansal était accusé d’« atteinte à l’intégrité du territoire national », une infraction classée comme acte de terrorisme selon l’article 87 bis du Code pénal algérien.
Le tribunal de Dar El Beïda n’a pas fait preuve de clémence. La peine prononcée est lourde : 10 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars (environ 6 800 euros).
Une sanction qui semble destinée à faire un exemple, mais qui alimente surtout la colère et les interrogations sur la liberté d’expression en Algérie.
Un intellectuel réduit au silence ?
Agé de 80 ans, Boualem Sansal est l’un des auteurs les plus connus du monde arabe et de la francophonie. Ses romans, notamment Le Serment des barbares et 2084 : La fin du monde, lui ont valu une reconnaissance internationale, mais aussi des critiques acerbes du régime algérien.
Sansal n’a jamais caché son opposition aux autorités en place, fustigeant régulièrement la corruption, la censure et l’emprise de l’appareil militaire sur le pays. Ses prises de position tranchées l’ont souvent placé dans le collimateur du pouvoir, mais cette condamnation marque une escalade sans précédent.
Une réaction internationale en marche
L’annonce de sa condamnation a rapidement provoqué une vague de soutien à travers le monde. Des intellectuels, des organisations de défense des droits de l’homme et des dirigeants politiques dénoncent une attaque contre la liberté d’expression.
Reporters Sans Frontières, Amnesty International et le P.E.N Club International ont déjà appelé à sa libération immédiate, qualifiant ce verdict d’« injuste et arbitraire ». En France, plusieurs figures de la littérature et du journalisme montent au créneau pour exiger une réaction diplomatique forte.
Un avenir incertain pour l’écrivain opposant
Dans quel état d’esprit se trouve Boualem Sansal après cette condamnation ? Difficile à dire. Depuis sa cellule de la prison de Koléa, il garde le silence. Les chances d’obtenir un allègement de peine semblent minces dans un contexte politique aussi tendu.
Si cette condamnation se maintient, Boualem Sansal risque fort de finir ses jours derrière les barreaux.
Une perspective glaçante pour ceux qui voient en lui un symbole de courage et de résistance intellectuelle.





