Yonne : un gendarme tué par une pelleteuse en plein chantier sur le site sordide d’Émile Louis

la Rédaction

Il s’appelait Stéphane Plunian. Il avait 41 ans, était pacsé, et servait la gendarmerie depuis plus de 20 ans. Vendredi 6 juin 2025, cet adjudant de la Cellule d’Identification Criminelle (CIC) de l’Yonne a trouvé la mort. Dans des circonstances aussi tragiques qu’absurdes

Il participait aux fouilles judiciaires à Rouvray, sur le site surnommé le cimetière d’Émile Louis, quand il a été accidentellement heurté par une pelleteuse. Le drame s’est déroulé en début d’après-midi.

Une mission à haut risque dans un lieu chargé d’histoire macabre

Depuis le 26 mai, les gendarmes s’activent à Rouvray. Ils fouillent une zone boisée où, selon plusieurs témoignages anciens, Émile Louis, le tueur en série condamné pour la disparition de sept jeunes filles handicapées dans les années 70, aurait pu dissimuler des restes humains. 

Même si l’homme est mort en prison en 2013, l’enquête n’a jamais vraiment été close. Des objets ont récemment été retrouvés dont deux chaussures et un vélo, datés des années 70-80, visiblement féminins. C’est dans ce contexte, lors du curage du ru de Buchin (un petit cours d’eau qui traverse la zone) que l’accident s’est produit.

Une pelleteuse militaire, un geste malheureux

Ce vendredi-là, comme depuis plusieurs jours, les engins de chantier sont à l’œuvre, manœuvrés non pas par des civils mais par des militaires du génie. 

Le terrain est instable, l’enjeu judiciaire énorme, il faut de la précision. Stéphane Plunian, lui, était en mission technique. Au plus près du terrain, pour relever et identifier tout indice ou reste biologique. C’est là, au bord du ru, qu’on l’aurait été percuté par le godet de la pelleteuse. Un mouvement mal anticipé. Une erreur de coordination, peut-être. En une fraction de seconde, tout a basculé.

Ses collègues ont immédiatement tenté de le ranimer et les secours sont arrivés très vite, mais rien n’a pu être fait. Le gendarme est décédé sur place.

Enquête en cours et émotion immense

Le procureur de la République à Auxerre, Hugues de Phily, très ému, a confirmé que l’accident impliquait un engin conduit par un militaire et a ordonné une enquête pour homicide involontaire.

C’est la Section de Recherches de Dijon qui prend le relais, avec une autopsie du corps à la clé.

Stéphane Plunian était entré dans la gendarmerie en 2003. Il avait rejoint la CIC de l’Yonne en 2016. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le directeur général de la gendarmerie nationale ont chacun exprimé leur tristesse. À l’heure actuelle, les fouilles se poursuivent, dans une atmosphère alourdie par le deuil.