Xatar, de son vrai nom Giwar Hajabi, est décédé ce mercredi 8 mai 2025 à l’âge de 43 ans. Son corps a été retrouvé dans un appartement de Cologne, en Allemagne, et pour l’instant on ne connaît pas encore les raisons de cette mort. La nouvelle a rapidement secoué les réseaux sociaux et les médias spécialisés.
De gangster à rappeur, il en a fait du chemin
Xatar avait fui le régime iranien avec sa famille avant de s’installer en Allemagne. C’est à Bonn qu’il grandit, dans un milieu difficile. Il se fait connaître dans les années 2000 grâce à un rap brut, sans filtre, nourri par son vécu et son environnement. Très vite, il crée son propre style mélangeant réalisme de rue, storytelling et humour noir.
En 2008, il sort Alles oder nix, son premier album, qui cartonne dans les charts. Mais c’est aussi à cette époque que son nom fait la une pour d’autres raisons : en 2009, il est condamné pour un braquage d’or de 1,7 million d’euros, un coup qui marquera à jamais sa carrière. Après avoir purgé une peine de prison, Xatar revient plus fort sur la scène musicale allemande, avec une cred de rue hors norme.
Xatar devient entrepreneur et icône culturelle en Allemagne
Une fois sorti de prison, Xatar se réinvente en entrepreneur à succès. Il crée Alles oder Nix Records, son propre label, qui deviendra l’un des plus influents dans le rap allemand. Des artistes comme SSIO, Schwesta Ewa et Eno y signeront leurs premiers contrats, propulsant le label au sommet de l’industrie.
Mais Xatar ne se contente pas de faire de la musique. Il se diversifie dans d’autres secteurs : restauration, bijoux, films… Il construit un véritable empire commercial.
Son nom devient synonyme de réussite et en 2022, il est à l’honneur dans le film Rheingold, réalisé par Fatih Akin, qui retrace sa vie de délinquant à entrepreneur à succès.
Le rap de Xatar : un miroir de la réalité
Ses textes, souvent bruts et sans compromis, abordaient des sujets comme la violence, la loyauté, la survie, mais aussi la quête de pouvoir et de reconnaissance. Ses fans y retrouvaient des thèmes universels entre luttes sociales, rêves brisés, les réussites improbables.
Son album Baba aller Babas, sorti en 2013, reste l’un des incontournables du rap allemand. Le rap de Xatar était à la fois accessible et profond, souvent comparé à celui de Bushido ou de Haftbefehl, mais avec une touche de réalisme brut qui le rendait unique.
Les obsèques de Xatar se tiendront prochainement à Cologne, où ses fans et toute l’industrie musicale allemande viendront lui rendre un dernier hommage.





