Vincent Cerutti condamné pour agression sexuelle : le tribunal tranche une affaire vieille de dix ans

AM.wiss

La justice a rendu sa décision. Ce mardi 4 février 2026, Vincent Cerutti a été condamné à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour agression sexuelle. Une affaire ancienne, survenue lors de son passage à Chérie FM, qui refait aujourd’hui surface avec un verdict lourd de sens.

Les faits remontent à 2015 et 2016. À l’époque, Vincent Cerutti anime la matinale de Chérie FM. Caroline Barel, alors jeune standardiste fraîchement arrivée dans l’équipe, l’accuse de lui avoir mordu les fesses à deux reprises, sans son consentement. Des gestes qu’elle décrit comme violents et humiliants, survenus dans un cadre professionnel où elle se sentait en position de faiblesse.

En 2017, la jeune femme décide de porter plainte. Dans sa déposition, elle évoque également un climat de travail qu’elle qualifie de toxique et misogyne, évoquant des remarques déplacées à caractère sexuel. Lors de l’enquête, une photographie montrant un hématome important est versée au dossier. À l’audience, le président du tribunal la qualifiera de « marque assez impressionnante ».

Mis en examen en 2023, Vincent Cerutti comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris en décembre 2025. Le procès, qui dure plus de sept heures, est marqué par une défense qui surprend. L’animateur reconnaît les morsures, mais nie toute intention sexuelle ou violente. Il présente ces gestes comme un « jeu » entre collègues, évoquant une ambiance qu’il décrit comme potache, allant jusqu’à parler d’un rituel interne.

Une version des faits que la juridiction n’a pas retenue. Le tribunal a estimé que les gestes reprochés constituaient bien une agression sexuelle, rappelant que l’absence d’intention revendiquée ne saurait effacer le défaut de consentement de la victime. Le cadre professionnel, selon les juges, impose des limites claires et une responsabilité renforcée.

Résultat, Vincent Cerutti est condamné à huit mois de prison avec sursis, sans amende. Une peine plus sévère que celle requise par le ministère public, qui avait demandé six mois de sursis assortis de 10 000 euros d’amende. Un signal fort envoyé par la justice, qui entend rappeler qu’aucun comportement imposé ne peut être banalisé, même sous couvert d’humour ou de traditions d’équipe.

L’avocat de l’animateur a indiqué que son client envisageait de faire appel. De son côté, Caroline Barel a salué une décision qui reconnaît sa parole, estimant qu’elle pourrait encourager d’autres victimes à parler.

Très médiatisée, cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des comportements longtemps tolérés dans certains milieux professionnels, notamment dans les médias. Dix ans après les faits, la justice a tranché.