Présenté en compétition au Festival de Cannes 2025, Valeur sentimentale de Joachim Trier a marqué les esprits. Drame familial pudique, mise en abyme du cinéma, casting cinq étoiles… et surtout une fin qui laisse un vrai frisson. Alors, comment se termine ce film événement ? On vous explique.
Une réconciliation fragile entre un père et sa fille
Dans Valeur sentimentale, réalisé par Joachim Trier, tout tourne autour d’un retour. Celui de Gustav, cinéaste autrefois célébré, aujourd’hui isolé, qui revient dans la vie de ses filles après la mort de leur mère. Face à lui, Nora, comédienne reconnue mais blessée, qui refuse d’abord catégoriquement de jouer dans son nouveau film.
Après des tensions, des silences lourds et des confrontations à demi-mots, Nora finit par lire le scénario écrit par son père. Et là, tout bascule, car elle comprend que ce projet n’est pas seulement un film. C’est une tentative maladroite, peut-être égoïste, mais sincère, de réparer ce qui a été brisé. Gustav n’a jamais su parler, alors il a décidé d’écrire.
Pas de grande déclaration hollywoodienne, pas de larmes spectaculaires, mais une prise de conscience. Nora accepte finalement de participer au film. Non pas pour faire plaisir à son père mais pour affronter leur histoire.
Un film dans le film : une mise en abîme des blessures familiales
La dernière partie montre le tournage en cours. Particularité symbolique forte, la maison familiale n’est pas utilisée. Elle est reconstruite en studio, comme pour dire que le passé ne pouvait être revisité qu’à travers une mise en scène.
Ce choix visuel en dit long. On ne répare pas le passé en le reproduisant à l’identique, mais on le transforme et on le rejoue en tentant de lui donner un autre sens.
Dans une scène particulièrement forte, Nora interprète un passage inspiré de la vie de sa mère. On comprend que le scénario révèle des choses que Gustav lui-même ignorait. Les secrets ne disparaissent pas, mais ils cessent d’être toxiques une fois mis en lumière.
La scène finale : une réconciliation qui aura pris du temps
La toute dernière scène est d’une simplicité désarmante. Après une prise importante, le plateau se vide peu à peu. Nora et Gustav se retrouvent face à face et n’échangent aucun long discours ni aucun pardon explicite. Juste un regard et un silence chargé de sens.
Ce regard n’efface pas les années d’absence et ne gomme pas les erreurs. Mais il ouvre une porte. On sent une forme d’acceptation mutuelle, comme si, enfin, ils se voyaient vraiment.
C’est là que le film s’arrête. Pas sur une réconciliation parfaite, mais sur une possibilité.
Une fin cohérente avec le cinéma de Joachim Trier
Les amateurs du réalisateur reconnaîtront sa patte. The Worst Person in the World explorait déjà les hésitations et les zones grises des relations humaines. Ici, il applique la même délicatesse au cadre familial.
Pas de happy end artificielle, mais une lueur d’espoir réaliste. Une émotion contenue dans une fin qui continue de résonner après le générique.
Et c’est peut-être ça, la vraie valeur sentimentale du film. Cette idée que l’art ne sauve pas tout, mais qu’il peut créer un espace pour se comprendre.





