Une enfance sans téléphone, le combat de Jack Thorne, créateur de la série Netflix Adolescence

la Rédaction

Jack Thorne, le célèbre scénariste britannique derrière la série Netflix Adolescence, a pris une décision radicale : il a signé le pacte pour une « enfance sans smartphone » lancé par le groupe Smartphone Free Childhood

Un engagement qui fait réagir, à l’heure où les écrans sont omniprésents dans la vie des jeunes. Mais pourquoi cette démarche, et qu’espère-t-il en tirer ? Plongée dans le combat d’un père inquiet.

Jack Thorne, un père inquiet face à l’emprise des écrans

Jack Thorne, qui a un fils de 8 ans, ne cache pas son angoisse face à l’impact des smartphones sur les enfants et les adolescents. « Je suis terrifié par ce qui nous attend« , a-t-il confié au Guardian, en expliquant pourquoi il a décidé de rejoindre ce mouvement. 

Le pacte qu’il a signé recommande aux parents de retarder l’accès aux smartphones jusqu’à l’âge de 16 ans. Un choix audacieux, qui soulève de nombreuses questions.

Avec plus de 100 000 signataires et le soutien de personnalités comme Benedict Cumberbatch, Paloma Faith et Emma Barnett, cette initiative commence à faire du bruit. Mais est-il réaliste d’interdire les smartphones aux jeunes dans une société où tout passe par le numérique ?

Adolescence, une série qui dénonce les dangers du numérique

Si Jack Thorne s’engage dans ce combat, c’est aussi parce que son travail l’a amené à explorer les conséquences du monde digital sur les jeunes. Sa série Adolescence, qui cartonne sur Netflix, traite de la radicalisation en ligne et de la montée des violences chez les adolescents.

Dans cette mini-série en quatre épisodes, filmés chacun en plan-séquence, on suit Jamie Miller, un garçon de 13 ans arrêté pour le meurtre d’une camarade de classe. Une intrigue poignante qui interroge sur la place du numérique dans la construction des jeunes. 

« Pourquoi la violence des garçons envers les filles augmente-t-elle ? Pourquoi les réseaux sociaux amplifient-ils ce phénomène ? », s’interroge Thorne.

Le lien entre le digital et la violence est au cœur du récit, et ce n’est pas un hasard si son créateur milite activement pour une enfance plus déconnectée.

Une lutte contre un fléau sociétal

Les chiffres sont alarmants : selon plusieurs études, l’exposition précoce aux smartphones augmente les risques de troubles de l’attention, d’anxiété et de dépression chez les jeunes. De plus, les dangers du cyberharcèlement et de l’exposition à des contenus inappropriés sont réels.

En signant ce pacte, Jack Thorne veut redonner le pouvoir aux parents et les encourager à résister à la pression sociale qui pousse à offrir un smartphone à son enfant dès le plus jeune âge. 

Il estime que l’accès trop tôt à ces outils empêche les enfants de développer des compétences sociales essentielles et les expose à des dangers encore mal mesurés.

Une mesure réaliste ou utopique ?

Interdire les smartphones aux jeunes jusqu’à 16 ans, est-ce vraiment possible ? Les critiques ne manquent pas. Certains parents estiment que c’est une vision trop rigide et difficile à appliquer dans un monde hyperconnecté. D’autres soulignent que l’accès au numérique est devenu indispensable pour l’école, la sociabilisation et la sécurité.

Mais pour Thorne et les autres signataires, il ne s’agit pas de diaboliser la technologie, mais de différer son introduction pour protéger le développement des enfants.

Un mouvement en pleine expansion

Le pacte Smartphone Free Childhood prend de l’ampleur. Plus de 11 500 écoles au Royaume-Uni soutiennent déjà l’initiative, et de nombreux parents réfléchissent à retarder l’équipement de leurs enfants.

En France, le sujet fait aussi débat. Le gouvernement a déjà interdit les smartphones dans les écoles et collèges, mais la question de l’accès à ces outils à la maison reste en suspens.

Alors, Jack Thorne et les autres signataires sont-ils des visionnaires ou des parents trop protecteurs ? La question mérite réflexion. Et avec des figures influentes qui prennent position, le débat ne fait que commencer.