Une simple chanson, interprétée en pleine rue pendant les célébrations de l’Aïd el-Fitr, a suffi à déclencher une tempête judiciaire et médiatique au Maroc. Le parquet de Tanger a annoncé l’ouverture de poursuites judiciaires contre un jeune homme accusé d’avoir chanté des paroles jugées « incitant à l’ivresse et à l’immoralité » devant des enfants.
L’affaire prend une ampleur nationale, relançant les débats sur la liberté d’expression, les limites de l’art.
Que s’est-il vraiment passé à Beni Makada ?
Tout commence dans le quartier de Bir Chifa, situé à Beni Makada, un arrondissement populaire de Tanger. Alors que les familles fêtent l’Aïd, une vidéo est filmée et partagée sur les réseaux sociaux. On y voit un jeune homme, entouré d’un petit groupe d’enfants, chanter une musique au rythme entraînant. Mais ce qui choque, ce sont les paroles, perçues par beaucoup comme totalement déplacées pour un moment aussi sacré.
Dans la chanson, il est question d’alcool, de fête et d’attitudes contraires aux bonnes mœurs. La scène semble bon enfant, presque anodine, mais elle ne va pas tarder à faire réagir.
La vidéo fait scandale sur les réseaux sociaux
En quelques heures, la vidéo devient virale. Partagée sur TikTok, Facebook et X (anciennement Twitter), elle provoque une vague d’indignation. Beaucoup dénoncent un manque de respect pour l’Aïd, une fête religieuse importante, mais aussi une forme de négligence vis-à-vis des enfants présents dans la vidéo.
Des associations de protection de l’enfance montent rapidement au créneau, accusant l’interprète de propager des messages nuisibles pour le développement moral des plus jeunes.
Une réaction rapide de la justice
Face à la pression de l’opinion publique, le parquet de Tanger a décidé d’ouvrir une enquête. Le jeune homme a été convoqué par la police judiciaire, entendu, puis libéré sous caution. Une date a été fixée pour sa comparution devant le procureur du Tribunal de première instance.
Pour le moment, les charges retenues n’ont pas été détaillées, mais elles pourraient concerner des infractions liées à l’incitation à des comportements illicites ou à la corruption morale des mineurs.
Ce que dit la loi marocaine
Au Maroc, la liberté d’expression est protégée, mais elle connaît des limites légales, notamment en ce qui concerne la protection de la jeunesse, la morale publique et les symboles religieux.
L’article 483 du Code pénal marocain prévoit des peines pour les actes considérés comme une atteinte aux bonnes mœurs en public. Si les juges estiment que la chanson en question entre dans ce cadre, le jeune homme pourrait écoper d’une amende, voire d’une peine de prison avec sursis.





