Un policier filmé en train de gifler et de cracher sur un jeune homme : voici ce qui s’est passé

la Rédaction

Les réseaux sociaux se sont embrasés après la diffusion d’une vidéo de 40 secondes. Sur celle-ci on voit un policier gifler violemment un jeune homme, avant de lui cracher au visage. La scène, filmée le 28 août 2025 à La Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) depuis un appartement, a été rendue publique par le député LFI Aly Diouara sur X (ex-Twitter). Les images, rapidement relayées par les médias, ont déclenché une vague d’indignation. Et conduit le parquet de Bobigny à ouvrir une enquête.

Sur les images, le jeune homme, âgé de 19 ans, est maintenu contre une grille. Il ne se montre pas violent, ne résiste pas, mais subit une gifle sèche d’un policier en uniforme, qui enchaîne avec un crachat au visage. À ses côtés, deux autres agents assistent à la scène sans intervenir : l’un manipule son téléphone, l’autre regarde passivement. Après l’agression, le policier donne un coup de pied dans un objet au sol, puis les forces de l’ordre quittent les lieux sans procéder à une interpellation.

L’ouverture d’une enquête judiciaire et administrative

Face à l’ampleur du scandale, le parquet de Bobigny a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». Une qualification particulièrement grave. L’enquête a été confiée à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), la “police des polices”. Parallèlement, la préfecture de police de Paris a lancé une enquête administrative. Celle-ci est destinée à évaluer le comportement des agents et à envisager de potentielles sanctions disciplinaires.

L’enjeu n’est pas seulement d’identifier le policier auteur de la gifle et du crachat, mais également de déterminer la responsabilité des collègues présents, accusés de passivité. Leur absence de réaction pourrait être considérée comme une faute professionnelle, voire une complicité par inaction.

Des réactions politiques immédiates

La diffusion des images a suscité de vives réactions dans le monde politique, en particulier du côté de la France insoumise.

Aly Diouara, député de Seine-Saint-Denis, a dénoncé sur X « les violences que subissent trop de nos concitoyens ». En soulignant que ce jeune homme n’avait manifesté aucun signe d’agressivité. Il a saisi le procureur de Bobigny au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose aux élus et fonctionnaires de signaler tout délit porté à leur connaissance. Le député a également annoncé vouloir rencontrer la victime pour le rassurer. Il affirme : « Ce sont les policiers qui doivent avoir peur, pas lui. »

Éric Coquerel, député et président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, a qualifié les images de « choquantes » et « humiliantes ». Pour lui, elles révèlent un « comportement indigne de la République ». Elles montrent la nécessité d’une réponse ferme de la hiérarchie policière et du ministère de l’Intérieur.

La question de la violence policière relancée

Cette affaire relance le débat récurrent autour des violences policières en France, particulièrement dans les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis. Les associations de défense des droits humains pointent depuis plusieurs années des pratiques abusives lors des contrôles d’identité. Ces dernières viseraient de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme issus de minorités.

Pour beaucoup d’observateurs, les images de Saint-Denis ne font que renforcer la défiance d’une partie de la population envers les forces de l’ordre. La passivité des deux autres policiers présents sur la vidéo illustre une culture de l’omerta et de l’impunité.

De son côté, le ministère de l’Intérieur se veut prudent. Aucune communication officielle n’a été faite dans l’immédiat. Cependant, une réponse est attendue une fois les premiers éléments de l’enquête disponibles.

Les suites possibles

Si les faits sont confirmés, le policier pourrait être poursuivi devant le tribunal correctionnel pour violences aggravées. Les sanctions encourues vont d’une peine de prison avec sursis à une interdiction définitive d’exercer. L’enquête administrative, elle, pourrait déboucher sur une suspension, voire une radiation.

Quant aux deux collègues restés passifs, ils pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires. La raison ? Pour non-assistance ou manquement à leur devoir d’exemplarité.

Une affaire qui marque les esprits

Ce nouvel épisode jette une fois de plus une ombre sur l’image de la police nationale, déjà fragilisée par de multiples affaires ces dernières années. L’opinion publique, particulièrement sensible à la diffusion de vidéos amateurs sur les réseaux sociaux, attend des réponses rapides et fermes.

Dans un contexte où la confiance entre police et population est déjà fragilisée, cette affaire pourrait bien devenir un cas emblématique, relançant les discussions sur la formation des forces de l’ordre, le contrôle interne et la nécessaire exemplarité de ceux qui incarnent l’autorité publique.

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