Il y avait un peu ce sentiment d’enterrement de première classe autour de The Conjuring Last Rites. L’ultime chapitre de la saga culte devait boucler la boucle, dire adieu aux Warren et, accessoirement, ramener du monde en salles. Mission accomplie, au moins côté chiffres. Mais au niveau du film lui-même, c’est plus nuancé.
Un miroir, un démon, une famille qui trinque
La trame finale tourne autour d’un miroir maudit, déjà aperçu dans le prologue des années 60. Lorraine Warren, enceinte à l’époque, y a vu un démon et failli perdre sa fille Judy. Vingt ans plus tard, rebelote, le miroir réapparaît dans une nouvelle maison hantée, et c’est Judy qui se retrouve dans le viseur de la créature.
La fin met tout le monde face au démon, qui tire les ficelles derrière les esprits “classiques” de la baraque. Ce n’est pas la famille Smurl qui est vraiment visée, c’est Judy. Et tout passe par ce miroir, qui refuse obstinément d’être détruit. À chaque fois qu’on croit l’avoir écarté, il revient. Un peu comme ces cauchemars où tu crois te réveiller mais en fait pas du tout.
Comment ça se termine ?
Le climax se joue à trois, avec Ed, Lorraine et Judy. Pas d’exorcisme spectaculaire avec une pluie de crucifix, non, la clé c’est plutôt la relation mère fille. Lorraine pousse Judy à arrêter de bloquer ses visions, à affronter ce qu’elle est. Elle touche le miroir, accepte sa peur, et là, le fameux objet finit par se briser pour de bon. Le démon est repoussé. Rideau.
Épilogue un peu plus apaisé, Judy reste en vie (encore heureux, on n’aurait pas supporté un final ultra glauque), la famille Smurl survit à l’expérience, et Ed et Lorraine repartent vers leur destin d’enquêteurs de l’occulte. On a même droit à une scène post-crédits qui insiste encore sur le miroir, comme pour dire “cet artefact est peut-être plus important que tout le reste”.
Alors, top ou flop ce dernier Conjuring ?
Difficile de trancher. Financièrement, c’est un carton. Les salles se remplissent, les chiffres dépassent les attentes, et même en Inde, où le film a fait un démarrage record, c’est la fête. Les fans ont donc répondu présent.
Artistiquement, c’est plus partagé. Le film fonctionne, on sursaute, on retrouve les Warren et cette esthétique sombre qui a fait la patte de la franchise. Mais on sent aussi une certaine lassitude. Le démon reste assez anonyme, on en apprend jamais trop, et l’intrigue recycle pas mal de codes vus et revus dans la saga. On attendait peut-être un adieu plus marquant, un final qui ose davantage.
Bref, Last Rites est un bon film d’horreur commercial, efficace, pas révolutionnaire. Ceux qui voulaient des frissons ont eu leur dose, ceux qui espéraient un chef-d’œuvre de clôture resteront un peu sur leur faim.





