Le film de Barry Levinson, avec Robert De Niro dans un double rôle, se termine sur une ambiance étrange, presque silencieuse. Pas de fusillade finale, pas de climax explosif, mais une tension sourde qui laisse beaucoup de spectateurs en mode « ok… mais du coup, qui gagne ? ». On t’explique la fin de The Alto Knights simplement, sans prise de tête, et pourquoi ce choix a autant fait parler.
Une fin loin du cliché “film de mafia
La dernière partie de The Alto Knights surprend clairement ceux qui s’attendent à un règlement de comptes en mode classique. Le film raconte l’affrontement entre deux figures réelles de la mafia new-yorkaise des années 50 : Frank Costello et Vito Genovese, tous deux joués par Robert De Niro. Et au lieu de nous emmener vers une explosion de violence, le film choisit une fin beaucoup plus psychologique, presque crépusculaire.
Le moment décisif du dernier acte, c’est cette scène où Costello échappe à une tentative d’assassinat. La balle l’effleure, il vacille, mais il reste debout. Et là, le film change de ton. Il comprend que la guerre interne a atteint un point de non-retour, et plutôt que d’essayer de récupérer sa place, il fait quelque chose d’inattendu : il se retire. Volontairement. Fatigué, lucide, presque désabusé.
Frank Costello, la retraite comme stratégie… ou comme aveu
Le départ de Costello n’a rien d’héroïque. Il n’en sort pas glorifié, il n’a pas “gagné”. Mais il a survécu, ce qui, dans l’univers mafieux, est déjà une performance. La fin met clairement en avant cette idée : sa vraie victoire, c’est de refuser le jeu avant qu’il ne le broie totalement.
Ce choix est d’ailleurs inspiré des faits réels. Dans la vraie vie, Costello a réellement quitté le milieu après sa tentative d’assassinat, préférant une vie plus discrète plutôt que de replonger dans une vendetta sans fin.
Le film reprend cette dimension-là en montrant un homme qui comprend que le pouvoir a changé d’époque et que les méthodes deviennent trop dangereuses, trop imprévisibles. Il tire sa révérence, sans panache mais avec lucidité.
Vito Genovese, un “vainqueur” qui ne savoure même pas sa victoire
À l’inverse, Vito Genovese obtient ce qu’il voulait depuis le début : le contrôle. Mais ce contrôle arrive au prix d’une paranoïa grandissante. Le film insiste beaucoup sur cette idée : à force de complots, de pressions, d’obsessions, il finit enfermé dans son propre système.
Sa “victoire” n’a rien de triomphale. Elle ressemble plutôt à une prise de pouvoir vide, rongée par la méfiance et l’isolement. Le film évite volontairement de le montrer comme le grand gagnant, justement parce que la mécanique mafieuse finit par broyer tout le monde, y compris ceux qui pensent avoir gagné.
Une conclusion volontairement anti-spectaculaire
Le dernier plan, sans révéler chaque détail, laisse une impression de fin d’époque. Pas de coup de théâtre, pas de revanche dramatique : juste deux trajectoires qui se croisent, s’éloignent, et montrent comment la mafia américaine de cette période commence à perdre de son influence.
Ce choix a divisé, forcément. Certains y voient une fin “plate”, d’autres une conclusion réaliste, fidèle au ton du film et à l’histoire vraie des deux hommes. Mais au moins, on peut dire que Levinson ne cède pas au fan service. C’est une fin amère, sèche, et c’est exactement son intention.
Pourquoi cette fin a fait débat ?
Parce qu’on attendait un duel final. Parce qu’on a deux De Niro à l’écran. Parce qu’on imaginait une montée en tension plus explosive. Et pourtant, le film va dans la direction opposée. Il préfère raconter la fin d’un règne plutôt que la victoire d’un homme.
Un pari risqué, mais cohérent avec le style de Barry Levinson et avec la réalité historique.





