Rapaces, le nouveau thriller de Peter Dourountzis avec Sami Bouajila et Mallory Wanecque, vient de sortir au cinéma. On l’a vu et on vous donne notre avis sans langue de bois.
Un pitch (et une bande-annonce) qui promettaient du lourd
Sur le papier, Rapaces avait tout pour me séduire. Un duo père-fille cabossé par la vie, une enquête sur fond de dérives médiatiques, et Sami Bouajila, valeur sûre du cinéma français.
Le film suit un ancien journaliste et sa fille qui tentent de comprendre la mort mystérieuse d’une jeune femme repêchée dans la Seine.
Tout ce qu’on a aimé dans Rapaces
Un Sami Bouajila impeccable
Sami Bouajila est l’un des meilleurs acteurs français actuels. Il ne surjoue jamais et maîtrise très bien les regards qui en disent long et les expressions naturelles.
Il incarne parfaitement ce père usé, rongé par la culpabilité et l’échec. À ses côtés, Mallory Wanecque est une vraie révélation. Elle apporte une intensité brute et un naturel qui collent parfaitement au personnage de la fille révoltée.
L’ambiance poisseuse et tendue
La réalisation est nerveuse et assez oppressante durant tout le film, c’est dans le thème. Peter Dourountzis filme un Paris sombre, moche et très étouffant (presque autant qu’en vrai !). La musique amplifie cette tension, sans jamais la rendre grandiloquente, et ça, on adore.
Un final qui claque
Sans spoiler, le dernier acte est violent, brutal et percutant. La dernière scène est clairement la meilleure du film, et c’est exactement ce qu’on attend d’un thriller de ce genre. Rien que pour cette fin, ça vaut le détour
Les flops qui nous ont agacé
Un rythme (très) lent
Le début est long, vraiment long. Pendant 30-40 minutes, on est surtout sur la misère sociale et le quotidien claustrophobe de ce père et sa fille, avant que l’intrigue principale ne démarre vraiment. Et même si on aime la construction des personnages, là c’est trop étiré.
Des motivations floues
C’est sûrement ce qui nous a le plus chiffonné dans ce film. Pourquoi ce père et cette fille s’acharnent-ils autant ? Qu’est-ce qui, au fond, les pousse à tout risquer pour cette histoire ?
Le film ne le dit jamais clairement. Résultat, l’implication émotionnelle du spectateur reste limitée, alors que ça aurait pu être un uppercut émotionnel. On arrive simplement pas à les soutenir à fond dans leur quête.
Des facilités scénaristiques
Sans trop en dire, il y a quelques raccourcis un peu faciles. Des coïncidences, des personnages secondaires à peine esquissés qui sont là que pour être des Deus ex-Machina, et des retours en arrière pas toujours bien intégrés. Ça donne parfois l’impression d’un scénario pas totalement abouti.
Notre verdict : Rapaces en vaut-il le détour ?
Rapaces est un bon thriller social, sombre et tendu, porté par deux acteurs incroyables.
Mais il manque ce petit supplément d’âme qui aurait pu le faire passer de « bon film » à « grand film ». Son écriture trop superficielle sur certains points et son rythme mal dosé l’empêchent de vraiment marquer les esprits.
Est-ce qu’on le recommande ? Oui, si vous aimez les polars français sombres et réalistes. Mais ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre.





