Figure du théâtre guinéen, Moussa Koffoé est décédé le lundi 12 mai à l’âge de 67 ans. Retour sur le parcours d’un humoriste au talent brut, qui a marqué des générations.
Une triste nouvelle pour la culture guinéenne et mondiale
La disparition de Moussa Koffoé, de son vrai nom Moussa Keïta, a provoqué une vive émotion en Guinée. Le comédien s’est éteint à Kindia, après avoir été admis à l’hôpital régional. Selon les premiers éléments partagés par sa famille et les soignants, l’artiste souffrait de plusieurs pathologies non traitées, dont le diabète, des rhumatismes articulaires, la goutte et une forme avancée de tuberculose.
Plus bouleversant encore, il aurait prédit sa propre mort à sa femme quelques heures avant de rendre l’âme.
Moussa Koffoé : un nom, un style, une époque
Né vers la fin des années 50 à Kindia, Moussa Koffoé n’était pas destiné au départ à la scène. Tailleur de formation, il finit par troquer l’aiguille pour le théâtre, poussé par une passion viscérale pour l’expression populaire. Il se fait remarquer dans les années 80-90 avec un style théâtral très visuel, un humour qui frôle parfois l’absurde, mais qui parlait toujours beaucoup aux Guinéens.
Son duo avec Mamadi Kouyaté, alias Kountoko, restera dans les mémoires. Ensemble, ils ont donné naissance à des pièces cultes comme Sala Musso, Di Bari Khônô, ou encore Wassa Wassa.
Un artiste engagé, proche du peuple
Moussa n’était pas seulement un amuseur. Ses pièces parlaient de thématiques sociales fortes comme la corruption, les relations familiales, la justice populaire, la violence domestique… toujours avec ce filtre comique qui pourrait presque tout laisser passer.
Il était respecté pour son authenticité, loin du star-system. Même au sommet de sa carrière, on le croisait au marché de Kindia, discutant avec les commerçants comme un voisin parmi tant d’autres.
Trois femmes, neuf enfants et des millions de cœurs brisés
Moussa Koffoé laisse derrière lui trois épouses et neuf enfants. Les hommages affluent de partout, que ce soit des confrères comédiens, personnalités politiques, fans anonymes. Les réseaux sociaux guinéens ne parlent que de ça.
Ses obsèques sont prévues ce mardi 13 mai à la Place des Martyrs de Kindia. Une prière funèbre y sera organisée à 14h, avant l’inhumation.
