Clap de fin prématuré pour Nouveau jour, la grande fiction quotidienne de M6 lancée en juin dernier. Après moins de trois mois d’antenne et des audiences en chute libre, la chaîne a décidé de déprogrammer son feuilleton familial, qui ne sera désormais visible que sur la plateforme M6+. Une annonce brutale pour l’équipe artistique, mais pas vraiment une surprise pour les téléspectateurs, nombreux à avoir pointé les failles du projet dès ses premières semaines. Alors, qu’est-ce qui a coincé ? Voici ce que reprochent les fidèles (ou plutôt les ex-fidèles) de la série.
Un horaire instable qui a perdu tout le monde
Premier reproche largement partagé : la valse des horaires. Lancé en avant-soirée, à 20h30, Nouveau jour a tout de suite déconcerté les fans de Scènes de ménages, habitués à leur rendez-vous quotidien. En août, la série est déplacée à 13h30, en plein après-midi, un horaire jugé “invisible” par beaucoup.
“Soit on bosse, soit on n’a pas envie de suivre un feuilleton à ce moment-là”, peut-on lire dans plusieurs commentaires d’internautes. Résultat, la série n’a jamais réussi à créer un vrai rendez-vous quotidien.
Une concurrence trop forte
Autre critique récurrente, M6 a voulu s’inviter dans un marché déjà saturé. Face à Plus belle la vie, encore plus belle (TF1), Demain nous appartient (France 3) ou encore Un si grand soleil (France 2), Nouveau jour n’a jamais eu de place claire.
“On avait déjà nos habitudes ailleurs. Pourquoi aller vers une nouvelle série qui n’apporte rien de différent ?”, explique un téléspectateur sur X (ex-Twitter). Dans l’arène des feuilletons quotidiens, la Six est arrivée avec des armes jugées trop légères.
Des intrigues trop molles
C’est sans doute le reproche le plus cruel, l’ennui. Beaucoup ont trouvé le rythme trop lent, les dialogues plats et les intrigues prévisibles. “On est en 2025, on veut du rebondissement, pas juste des repas de famille filmés dans un château”, ironise une spectatrice sur un forum de fans de séries.
Comparée aux drames intenses et aux coups de théâtre de ses concurrentes, la fiction de M6 a semblé timide, presque sage.
Une identité floue à la série
Romance ? Comédie ? Saga familiale ? Nouveau jour a souffert d’un positionnement hybride. Les téléspectateurs ont eu du mal à savoir ce qu’ils regardaient vraiment. “Ce n’est ni drôle, ni palpitant, ni émouvant… C’est entre deux”, résume un commentaire sur Facebook. Là où les feuilletons concurrents assument des codes clairs (du polar à la romance dramatique), M6 a tenté le mélange… au risque de perdre tout le monde.
Un casting pourtant solide, mais sous-exploité
Sur le papier, la distribution avait de quoi séduire : Héléna Noguerra, Laëtitia Milot, Bruno Solo… Des visages connus et aimés du public.
Mais là encore, la mayonnaise n’a pas pris. Plusieurs téléspectateurs ont regretté des personnages caricaturaux et mal écrits, empêchant les acteurs de briller. “C’est dommage, parce qu’il y avait du potentiel, mais on n’a pas eu le temps de s’attacher”, déplore un internaute.
Une communication jugée trompeuse
Enfin, un sentiment d’agacement domine. M6 avait promis un “projet stratégique sur le long terme”, censé s’inscrire durablement dans la grille. Or, au premier signe d’essoufflement, la chaîne a changé de case puis stoppé net la diffusion linéaire. “Ils nous ont vendu du rêve, puis lâchés en plein vol”, fustige une téléspectatrice.
La confiance du public s’est effritée encore plus vite que les audiences.
Un feuilleton qui n’a pas su s’installer
En résumé, Nouveau jour a cumulé les handicaps : une programmation chaotique, un univers sans identité forte, des intrigues trop lisses et une concurrence écrasante. Dans le monde impitoyable de la fiction quotidienne, où les habitudes des spectateurs font la loi, la série n’a pas réussi à s’imposer.
Les tournages de la saison 1 se poursuivent jusqu’en octobre dans la région de Montpellier et les épisodes restants seront disponibles sur M6+. Mais pour beaucoup, l’affaire est déjà classée. “Un été et puis s’en va”, résume un fidèle déçu.
Et un constat implacable, dans la guerre des feuilletons quotidiens, seuls les plus accrocheurs survivent.





