Panenka de trop : Brahim Diaz, de héros national à homme à abattre au Maroc

AM.wiss

Il avait porté le Maroc tout au long de la CAN 2025. Il devait être celui qui libère un pays entier après cinquante ans d’attente. Et puis il y a eu cette panenka. Ratée. Mal choisie. Mal vécue. En une frappe, Brahim Diaz est passé du statut de héros à celui de cible nationale.

Dimanche 18 janvier, finale de la CAN à Rabat. Maroc – Sénégal. Match tendu, irrespirable, suspendu pendant de longues minutes après une énorme polémique arbitrale. Et puis, au bout du temps additionnel, le Maroc obtient LE pénalty. Celui qui peut tout changer.

Une panenka qui ne passe pas, mais alors pas du tout

Sur le moment, beaucoup pensent à un simple raté. Mais très vite, les réseaux sociaux s’enflamment. Trop vite. Trop fort. Certains parlent de « trahison », d’autres vont jusqu’à évoquer un pénalty volontairement manqué, comme une forme de compensation morale après la longue interruption du match, jugée injuste par les Sénégalais.

La courte discussion entre Diaz et Mendy avant le tir n’a rien arrangé. Pas plus que l’absence de célébration exubérante côté sénégalais après l’arrêt. Résultat, les théories complotistes explosent.

Édouard Mendy, lui, a coupé court. Net. Sans trembler. Il n’y avait aucun arrangement, aucun deal, aucun film. Juste un tir mal exécuté et un gardien qui fait son job.

Regragui tente d’éteindre l’incendie

En conférence de presse, Walid Regragui n’a pas cherché à romantiser l’échec. Pas de discours larmoyant, pas d’excuse bidon. Il parle de perturbation mentale, du temps d’attente, de la pression énorme. Et surtout, il rappelle une vérité basique mais cruelle.

Le football, parfois, te gifle sans prévenir. Brahim Diaz avait marqué ses pénaltys plus tôt dans la compétition. 

Au Maroc, la colère domine

Sauf que dans l’opinion publique marocaine, l’histoire ne passe pas. Du tout. La presse locale parle de catastrophe, de fiasco, de moment historique… mais dans le mauvais sens. Sur X, les mots sont encore plus durs.

Manque de respect. Geste égoïste. Volonté de briller au lieu de sécuriser. Beaucoup reprochent à Diaz d’avoir voulu écrire sa propre légende plutôt que celle de l’équipe. Une panenka, en finale, à la dernière minute, après cinquante ans d’attente. Pour beaucoup, c’est juste impardonnable.

Silence radio et image douloureuse

Depuis la finale, Brahim Diaz ne s’est pas exprimé. Aucune déclaration, aucun message. La seule image qui reste, c’est celle d’un joueur en larmes, sifflé par son propre public au moment de recevoir son trophée de meilleur buteur de la CAN 2025.

Le football dans ce qu’il a de plus ingrat. Une chose est sûre, cette panenka va coller à la peau de Brahim Diaz pendant longtemps. Très longtemps. Et au Maroc, le pardon ne sera ni rapide, ni automatique.