Le monde de la photographie et de la mode est en deuil. Oliviero Toscani, célèbre pour ses campagnes publicitaires audacieuses et controversées, est décédé ce lundi 13 janvier 2025 à l’hôpital de Cecina, en Toscane. Il avait 82 ans.
Dans les années 1980 et 1990, Toscani révolutionne la publicité avec des campagnes qui abordent sans détour des sujets sensibles comme le racisme, l’homosexualité, la peine de mort ou encore le sida. Parmi ses clichés les plus marquants : le baiser entre un prêtre et une nonne, un cheval noir montant un cheval blanc, ou encore le portrait bouleversant de la mannequin française Isabelle Caro dénonçant l’anorexie.
Des créations audacieuses et controversées
Né à Milan le 28 février 1942, Toscani laisse derrière lui un héritage unique. S’il a collaboré avec des magazines prestigieux tels que Elle, Vogue, et Esquire, ainsi qu’avec des marques comme Chanel et Valentino, son nom reste surtout associé à sa longue collaboration avec United Colors of Benetton.

Avec son slogan célèbre « Chi mi ama, mi segua » (Ceux qui m’aiment me suivent) pour la campagne Jesus Jeans, ou encore le portrait d’un jeune garçon africain aux yeux vairons qui inspira la chanson Black Tie, White Noise de David Bowie, Toscani a marqué son époque par une esthétique brute et sans concession.
En 1991, il lance le magazine Colors avec Benetton et, trois ans plus tard, conçoit Fabrica, un laboratoire de création et de réflexion. Cependant, sa relation avec la famille Benetton connaît des hauts et des bas.
En 2020, il est licencié après des déclarations controversées sur l’effondrement du pont Morandi à Gênes en 2018, une tragédie qui avait coûté la vie à 43 personnes.
Un regard singulier sur l’humanité
En 2017, Toscani avait présenté une exposition personnelle à Milan intitulée Oliviero Toscani. Più di 50 anni di magnifici fallimenti (Plus de 50 ans de magnifiques échecs). Cette rétrospective comprenait notamment son projet Razza Umana (Race humaine), initié en 2007, où il photographiait des individus de divers horizons, capturant leur humanité dans un dialogue visuel unique.
« La photo raconte une histoire et révèle ce que l’on ne peut pas comprendre sur ces personnes », avait-il déclaré à l’époque.
Avec la disparition d’Oliviero Toscani, le monde perd un artiste visionnaire, dont les images continueront de défier les conventions et d’inspirer les générations futures.