La chute est brutale. Ce jeudi 19 février, la justice a tranché dans une affaire qui secouait le rap français depuis plusieurs années. Le rappeur Naps a été condamné à sept ans de prison ferme pour viol par la cour criminelle de Paris, avec mandat de dépôt. Un verdict lourd, immédiat, et un tournant judiciaire et médiatique majeur.
Un verdict attendu, une décision sans appel
Après plusieurs jours d’audience, la cour criminelle de Paris a rendu sa décision. Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, a été reconnu coupable de viol. Les faits remontant à la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2021. Les faits se seraient déroulés dans un hôtel parisien, après une soirée, alors que la plaignante, âgée de 20 ans à l’époque, s’était endormie.
Les juges ont estimé que la jeune femme n’avait pas consenti à la relation sexuelle. Son récit, jugé constant et cohérent tout au long de l’enquête et du procès, a pesé lourd dans la balance. La défense du rappeur, qui a toujours nié les accusations en évoquant une relation consentie, n’a pas convaincu la cour.
Mandat de dépôt et incarcération immédiate
La peine prononcée s’accompagne d’un mandat de dépôt. En clair, Naps a été incarcéré immédiatement à l’issue du verdict. Une image forte, presque irréelle pour un artiste habitué aux scènes bondées, aux refrains repris en chœur et aux tubes estivaux.
Dans la salle d’audience, l’émotion était palpable. Selon plusieurs journalistes présents, la victime a laissé éclater ses larmes après l’énoncé de la décision, tandis que le rappeur est apparu fermé, abattu, prenant brièvement sa femme dans ses bras avant d’être emmené.
Pourquoi la peine est aussi lourde ?
Le viol est un crime en droit français, passible de quinze ans de réclusion criminelle. Si la peine maximale n’a pas été retenue, les sept ans de prison ferme prononcés restent significatifs. La cour a notamment retenu l’absence de consentement, le contexte de vulnérabilité de la plaignante et la crédibilité de son témoignage.
Les débats ont également porté sur des éléments matériels versés au dossier, ainsi que sur la notion de “viol par surprise”, reconnue lorsque la victime est dans l’incapacité d’exprimer un refus, notamment parce qu’elle dormait.
Une carrière brutalement stoppée net
Ce verdict marque un coup d’arrêt violent dans la trajectoire de Naps. De La Kiffance aux scènes de festivals, le rappeur incarnait un rap solaire, populaire, taillé pour l’été. Depuis plusieurs mois déjà, ses apparitions publiques se faisaient plus rares, l’ombre judiciaire planant sur sa carrière.
Avec cette condamnation et une incarcération immédiate, l’avenir artistique de l’artiste est désormais totalement incertain. Streaming, collaborations, concerts, tout est à l’arrêt. Le rap français, lui, encaisse le choc.
Une autre affaire toujours en cours dans le Var
Ce procès parisien n’est pas le seul dossier judiciaire concernant le rappeur. Naps est également mis en examen dans une autre affaire ouverte dans le Var en 2024, après des plaintes de trois femmes pour agressions sexuelles et viols. Cette procédure suit son propre calendrier et n’a pas été jugée à ce stade.
Mais dans l’opinion publique, les deux affaires se télescopent, renforçant le malaise autour de l’artiste et alimentant un débat plus large sur les violences sexuelles, la parole des victimes et la responsabilité des figures publiques.
La décision rendue ce 19 février pourrait bien marquer un avant et un après, autant pour la carrière du rappeur que pour la manière dont ces affaires sont perçues et jugées.





