C’est une légende qui s’en va. Naïma Bouhmala, actrice marocaine incontournable et véritable pilier de la scène culturelle du Royaume, est décédée ce mercredi 28 mai à l’âge de 77 ans. Son nom, son visage, sa voix… tout en elle faisait partie du patrimoine vivant du théâtre et de la télévision marocains.
Une disparition qui bouleverse le monde artistique
La nouvelle a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant une vague d’émotion à travers le pays. De jeunes comédiens, d’anciens compagnons de scène, mais aussi de simples spectateurs ont exprimé leur chagrin.
Pour beaucoup, elle incarnait une époque d’or, celle où le théâtre marocain se construisait avec peu de moyens mais beaucoup de talent et de cœur.
Une pionnière du théâtre et de la télévision au Maroc
Naïma Bouhmala entre très jeune dans le monde du spectacle. Dès les années 60, elle monte sur les planches. A une époque où les femmes étaient encore rares dans ce milieu. Mais elle ne recule devant rien. Sa force ? Un jeu sincère, une voix puissante, et surtout une manière unique d’incarner ses personnages avec une humanité désarmante.
Son passage à la télévision la propulse au rang de célébrité nationale. On se souvient encore de ses rôles marquants dans des séries cultes. Notamment dans « Khamsa Wa Khmis », « Moudawala » ou « Hadidan« , où elle donnait la réplique avec naturel et justesse. À l’écran comme sur scène, elle oscillait entre humour, gravité et profondeur.
Une mémoire collective, une école de vie
Ce qui faisait la force de Naïma Bouhmala, c’est aussi sa capacité à transmettre. Pendant plusieurs années, elle a formé et accompagné de jeunes talents, notamment à travers l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC), où elle intervenait régulièrement.
Elle ne se contentait pas d’enseigner les techniques du métier, elle partageait une vision : celle d’un théâtre populaire, ancré dans la vie, porteur de messages, engagé.
Un hommage national s’impose
À l’heure où le Maroc pleure une de ses plus grandes figures culturelles, de nombreuses voix s’élèvent pour qu’un hommage national lui soit rendu. Une salle, un prix, un festival, quelque chose de pérenne, à la hauteur de ce qu’elle a apporté au pays.
Naïma Bouhmala n’était pas une star comme les autres. Elle était la voix d’une génération, la mémoire d’un théâtre vivant, la mère de toutes les scènes marocaines.





