Mort de Biyouna à 73 ans, l’Algérie perd une icône qui faisait rire, pleurer et réfléchir

AM.wiss

La comédienne, chanteuse et actrice Biyouna est décédée à 73 ans, laissant derrière elle une carrière unique et un public bouleversé. Figure pop et légende du cinéma algérien, elle aura marqué plusieurs générations avec son franc-parler et son talent multiforme. Retour sur une disparition qui résonne fort de l’autre côté de la Méditerranée.

Une disparition qui secoue l’Algérie

La nouvelle est tombée le 25 novembre 2025, et elle a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, s’est éteinte à l’hôpital de Beni Messous à Alger. Très vite, les réseaux se sont remplis d’hommages, de souvenirs, de vidéos cultes. On a vu circuler ses scènes les plus mythiques, son rire reconnaissable entre mille et son énergie explosive qui collait à sa personnalité.

Depuis plusieurs semaines, l’actrice était hospitalisée pour des problèmes respiratoires liés à une maladie longue durée. Une information confirmée par plusieurs médias algériens, qui évoquent une aggravation récente de son état. Rien de sensationnaliste ici, juste une immense tristesse pour un pays entier qui perd l’une de ses voix les plus iconiques.

Biyouna, un personnage plus grand que la vie

Difficile de résumer Biyouna en une phrase. Elle était tout à la fois, parfois dans la même scène, la même interview, la même émission. Une artiste à l’ancienne, qui ne jouait pas, elle existait. Sa manière de parler, de rire, de s’habiller, d’improviser, de provoquer même, faisait d’elle une personnalité impossible à ignorer.

Du théâtre algérien aux plateaux de cinéma français, elle a construit une carrière mêlant authenticité pure et modernité. On l’a vue dans Le Flic de Belleville, Viva Laldjérie, Pension Ménage, des rôles où elle apportait toujours cette intensité moqueuse, ce grain de folie qui rendait ses personnages plus vrais que nature.

En musique aussi, Biyouna assumait tout. Sa voix rauque, ses chansons pleines de caractère, son style inclassable. Une liberté artistique rare, surtout pour une femme issue de sa génération.

Une empreinte culturelle immense, en Algérie et ailleurs

Ce qui frappe quand on parle de Biyouna, c’est son impact. Pas celui mesuré en box-office ou en streams, mais celui qui se construit dans les mémoires. Elle a été une figure féminine forte, sans filtre, à une époque où ça pouvait déranger. Et justement, elle dérangeait, ça l’amusait même.

Elle a inspiré des actrices, des humoristes, des scénaristes qui voyaient en elle une forme de courage artistique. Elle a aussi accompagné des millions de familles devant leurs télés, avec des personnages devenus cultes, parfois juste pour une phrase qui claquait comme un proverbe moderne.

Une vague d’hommages, entre rires et larmes

Sur X, Instagram ou Facebook, les messages affluent. Des anonymes, des artistes, des journalistes, des fans de longue date. Beaucoup partagent des extraits vidéos où elle lâche une de ses punchlines légendaires. D’autres racontent comment elle a accompagné leur enfance, leurs soirées ramadanesques ou leurs séances ciné improvisées.

On y lit une vraie émotion, mais souvent teintée d’un sourire, comme si on se disait que Biyouna aurait détesté les hommages trop tristes. Elle aimait les gens, mais elle aimait surtout qu’on rit. Et ça, tout le monde semble s’en souvenir.

Une légende qui ne disparaît pas vraiment

Biyouna laisse une filmographie riche, une discographie singulière et surtout un héritage culturel profond. Elle n’était pas une star fabriquée, elle était un phénomène qui n’arrive qu’une fois. Une artiste libre, parfois imprévisible, toujours brillante.

Sa disparition ouvre un vide mais, paradoxalement, elle n’a jamais semblé aussi présente. Ses scènes continuent de tourner en boucle, son esprit continue d’habiter la culture algérienne, et son nom restera associé à une époque, à un ton, à une audace.

Biyouna s’en est allée, mais tout indique qu’elle n’a pas fini de faire rire et vibrer les générations qui arrivent.