Le rappeur MHD, connu comme le pionnier de l’afro-trap en France, a été condamné en appel à 12 ans de prison pour complicité de meurtre. Après des années à clamer son innocence, il semble aujourd’hui faire un revirement surprenant.
Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux depuis sa cellule, il laisse entendre des regrets et des aveux à demi-mots.
Un meurtre qui a tout changé

L’affaire remonte à la nuit du 5 au 6 juillet 2018. Loïc K., un jeune homme de 23 ans, est pris pour cible dans le 10e arrondissement de Paris, lors d’un règlement de comptes entre bandes rivales.
La victime est violemment attaquée par un groupe d’une dizaine d’individus. Percuté par une Mercedes, roué de coups et poignardé à mort, il succombe sur place. L’enquête remonte rapidement jusqu’à MHD, dont la voiture est identifiée sur les lieux du crime.
Plusieurs témoins affirment l’avoir vu, reconnaissant sa silhouette et son survêtement Puma, marque dont il était l’ambassadeur à l’époque.
Arrêté en janvier 2019, MHD nie fermement toute implication. Il passe plus d’un an en détention provisoire avant d’être libéré sous contrôle judiciaire en 2020. Mais en septembre 2023, son procès devant la cour d’assises de Paris aboutit à une condamnation à 12 ans de réclusion criminelle. L’artiste fait appel, mais la peine est confirmée en février 2025.
Un message qui change tout ?
Jusqu’ici, MHD s’était toujours présenté comme innocent, insistant sur l’absence de preuves directes. Mais ce dimanche, un message publié sur les réseaux sociaux intrigue et interroge. Il écrit :
« Le succès m’a fait croire que j’étais prêt à tout faire » avant d’ajouter « Entre ces quatre murs, je réalise que l’homme ne vaut rien ». Il termine en demandant pardon « à tous ceux qu’il a offensés » et conclut par un « On se verra, Incha’Allah ».
Pour beaucoup, ce message sonne comme un aveu. Après des années à nier, l’artiste semble reconnaître qu’il a, d’une manière ou d’une autre, joué un rôle dans ce drame. Ce revirement surprend ses fans et relance le débat sur sa véritable responsabilité dans cette affaire.
La chute d’une étoile montante
MHD, de son vrai nom Mohamed Sylla, était l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Révélé en 2015 avec ses freestyles afro-trap, il connaît un succès fulgurant, enchaînant les tubes comme « La Puissance » et « Afro Trap Part.3 (Champions League) ».
Son style unique, mélange de trap et de sonorités africaines, lui ouvre les portes de l’international. Il collabore avec des stars comme Drake et se produit dans le monde entier.
Mais cette ascension est brutalement stoppée par cette affaire criminelle. En quelques années, il passe du sommet des charts aux cellules de la maison d’arrêt. Une descente aux enfers qui pose la question des dérives du succès et de l’influence des quartiers difficiles sur certains artistes.
Un avenir incertain
Désormais condamné, MHD devra purger sa peine derrière les barreaux. Son message récent laisse planer le doute sur son état d’esprit : regret sincère ou simple acceptation de son sort ?
Certains pensent qu’il pourrait revenir sur le devant de la scène à sa sortie, à l’image de certains rappeurs ayant rebondi après la prison. D’autres estiment qu’il ne pourra jamais retrouver son statut d’icône du rap français.



