Ce soir, France 4 rediffuse Lulu, femme nue, le film de Sólveig Anspach porté par Karin Viard. Un long-métrage discret, presque pudique, mais dont la fin laisse rarement indifférent. Pas de grand twist, pas de morale assénée… et pourtant, une conclusion qui reste longtemps dans la tête.
Un film à part dans le paysage du cinéma français
Sorti en 2013, Lulu, femme nue n’est pas le genre de film qui crie pour exister. Ici, pas de drame spectaculaire ni de comédie surjouée. Sólveig Anspach filme une femme ordinaire, Lulu, mère de famille épuisée par un quotidien qui l’a doucement effacée.
Après un entretien d’embauche raté et une humiliation de trop, Lulu fait un choix simple mais radical, celui de ne pas rentrer chez elle. Elle part sur un coup de tête, prend la route, sans plan précis. Et c’est là que le film commence vraiment.
Une parenthèse de liberté, loin des clichés
Pendant cette fugue improvisée, Lulu enchaîne les rencontres. Charles, un homme fragile et bienveillant. Marthe, une vieille dame libre dans sa tête malgré son âge. D’autres figures cabossées, jamais caricaturales.
Ce que raconte Lulu, femme nue, ce n’est pas une fuite spectaculaire, mais une respiration. Une femme qui, pour la première fois depuis longtemps, ne joue plus de rôle. Pas mère, pas épouse, pas salariée potentielle. Juste elle.
Le ton oscille constamment entre douceur, mélancolie et humour discret. Karin Viard y est remarquable de retenue, loin des personnages excessifs auxquels elle nous a parfois habitués.
Comment se termine vraiment Lulu, femme nue ?
C’est là que le film surprend. Si vous attendez une fin romantique ou une révolution de vie radicale, vous risquez d’être déstabilisé.
Lulu ne plaque pas tout, elle ne s’enfuit pas définitivement. La fin du film montre Lulu revenir vers sa vie, vers sa famille. Mais attention, ce retour n’a rien d’un échec. Ce n’est pas un renoncement. C’est un retour choisi, assumé, lucide.
Ce voyage lui a permis de se reconnecter à elle-même, de comprendre que ce qu’elle cherchait n’était pas une nouvelle vie, mais le droit d’exister pleinement dans la sienne.
Une fin ouverte, qui a beaucoup plu aux spectateurs
La force de Lulu, femme nue, c’est précisément cette absence de conclusion toute faite. Le film ne dit jamais “voilà la solution”. Il suggère. Il laisse de l’espace au spectateur.
Cette fin douce-amère, résonne particulièrement chez celles et ceux qui connaissent l’usure du quotidien, la fatigue mentale, l’impression de passer à côté de soi. Lulu ne devient pas une autre personne. Elle devient enfin elle-même.
Et c’est sans doute pour ça que, des années après sa sortie, le film continue de toucher juste.





