Il était l’un des visages les plus puissants de l’industrie française, mais aussi l’un des plus controversés. Loïk Le Floch-Prigent est mort dans la nuit du 15 au 16 juillet 2025, à l’âge de 81 ans. Retour sur ses derniers instants et ce qui l’a emporté.
Où est-il mort ?
Selon plusieurs sources concordantes (Le Télégramme, Le Monde, Orange Actu), l’ancien patron d’Elf, de GDF et de la SNCF s’est éteint à l’hôpital Cognacq-Jay dans le 14ᵉ arrondissement de Paris.
Cet établissement est spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies lourdes, notamment les cancers en phase avancée ou les pathologies dégénératives nécessitant des soins palliatifs.
De quoi est-il mort ?
Officiellement, la cause exacte n’a pas été détaillée. Les médias parlent d’« une longue maladie », formulation classique utilisée pour décrire un cancer ou une pathologie chronique grave. Aucune mention précise n’a été faite par sa famille ou ses proches collaborateurs.
Cependant, plusieurs sources laissent entendre que son état s’était dégradé ces derniers mois, nécessitant des hospitalisations fréquentes et un accompagnement permanent.
Que disait sa famille ?
Sa femme, Marlène Le Floch-Prigent, a simplement déclaré au Télégramme que jusqu’au bout, il a gardé son humour et son esprit critique. Il était lucide et combattif.
Elle n’a pas souhaité communiquer la nature exacte de sa maladie, préférant insister sur son héritage. Celui d’« homme qui a toujours défendu l’industrie française, parfois contre tous. »
Qui était-il vraiment ?
Pour ceux qui découvrent son nom aujourd’hui, Loïk Le Floch-Prigent était un ingénieur polytechnicien. Rapidement devenu une figure majeure du capitalisme d’État à la française.
Il a dirigé Rhône-Poulenc (1982-1986), Elf Aquitaine (1989-1993), GDF (1993-1995) et la SNCF (1995-1996).
Mais sa carrière a été brisée par l’énorme affaire Elf. En 2003, il est condamné à cinq ans de prison pour abus de biens sociaux et détournement de fonds. Il passera effectivement environ deux ans derrière les barreaux avant de rebondir comme consultant, chroniqueur et conférencier, multipliant les prises de parole sur l’industrie et la politique.
Des hommages en demi-teinte
Sa disparition tourne une page d’une époque où les grands patrons français étaient à la fois intouchables et exposés, pilotant des mastodontes industriels avant de tomber pour corruption ou abus de biens sociaux. Un parcours qui reflète la grandeur et les dérives du capitalisme français des années 80-90.
Si certains syndicats et acteurs de l’industrie saluent un homme « visionnaire et engagé pour la France », d’autres rappellent qu’il restera avant tout l’un des symboles des scandales politico-financiers.
Sur les réseaux, son décès suscite peu d’émotion populaire mais ravive des souvenirs chez ceux qui suivaient l’affaire Elf.





