Libéré depuis août 2025, Moha La Squale refait surface

AM.wiss

Après 17 mois de détention provisoire et une condamnation à plusieurs années ferme, le rappeur franco-algérien Moha La Squale annonce sa sortie de prison. Sur Instagram, il remercie ses fans et évoque un “besoin de repos”. Un retour qui ravive les débats et questionne sur son avenir.

Retour express sur la condamnation

En juillet 2024, Moha La Squale (de son vrai nom Mohamed Bellahmed) a été condamné à quatre ans de prison, dont trois ans ferme, pour violences conjugales, menaces de mort et séquestrations à l’encontre de six de ses ex-compagnes.

Selon les juges, ces violences se sont étalées sur plusieurs années, entre 2017 et 2021, mêlant maltraitances psychologiques (insultes, humiliations), violences physiques (gifles, étranglements, étouffements) et privations de liberté (confiscation de téléphone, enfermement).

Des accusations niées en bloc

Lors du procès, les six plaignantes ont décrit un “double visage”. L’homme se montrant d’abord charmant et affectueux avant de basculer dans la violence. Malgré ces témoignages accablants, l’artiste a nié la majorité des accusations, évoquant un “complot” et niant les violences physiques.

Le tribunal a par ailleurs décidé de l’interdire de tout contact avec les victimes, de lui imposer un suivi psychologique ainsi qu’un traitement pour son addiction au cannabis, et de le condamner à verser entre 2 500 et 10 000 € de dommages-intérêts par personne.

À l’époque du verdict, l’artiste avait déjà passé 17 mois en détention provisoire.

Une libération discrète… qui agite les réseaux

Le jeudi 4 décembre 2025, Moha La Squale a publié sur son compte Instagram une photo de lui accompagnée d’un message minimaliste : « Je vous aime la miff, j’ai encore besoin d’un peu de repos. À bientôt merci pour tous. »

Derrière ce message, on apprend que sa libération date du 25 août 2025. Ce qui signifie qu’il était libre depuis des mois sans que le grand public ne soit officiellement informé.

Ce retour en ligne discret, loin de passer inaperçu, a relancé les débats. Pour de nombreux internautes, l’idée même d’un retour médiatique (sans excuses publiques ni prise de responsabilité claire) est choquante. Certains ont jugé ce retour comme une “provocation”, tandis que d’autres appellent à ce qu’il reste dans l’ombre, tant que les victimes ne sont pas désormais “tourner la page”.

Entre rédemption et défi : quel avenir pour le rappeur ?

Depuis ses débuts en 2017, Moha La Squale s’était imposé comme une figure montante du rap français. Son style cru, ses textes issus de la rue, et son premier album — Bendero —, disque d’or en 2018, lui avaient valu un succès rapide.

Mais cette condamnation, lourde et publique, a profondément fragilisé son image. Son cas est désormais systématiquement cité quand on parle de violences domestiques dans le milieu du rap, aux côtés d’autres artistes mis en cause ou condamnés.

Moha La Squale pourra-t-il vraiment revenir dans l’industrie sans provoquer un tollé ? Tout dépendra de sa volonté (ou non) d’assumer ses actes publiquement, de s’engager dans une vraie introspection, et de montrer que la justice et les victimes comptent plus que le buzz.

Un débat qui dépasse le cas d’un artiste

Le retour de Moha La Squale met en lumière un dilemme que connaît aujourd’hui une partie de la scène rap. Comment séparer l’œuvre de l’artiste lorsque ce dernier est condamné pour violences ?

En parallèle, ce cas rappelle que les violences conjugales restent un fléau majeur en France. En 2024, plus de 272 400 victimes ont été enregistrées par les forces de l’ordre, la majorité étant des femmes, selon les statistiques officielles.

Ce triste bilan, et l’empathie souvent difficile à obtenir pour les victimes, nourrit l’émotion, l’indignation, mais aussi l’interrogation sur le rôle des médias, des fans, de l’industrie musicale dans la tolérance (ou non) d’un retour public après de tels actes.

Quitter la version mobile