L’Histoire selon Stérin : de Napoléon à Jeanne d’Arc, l’extrême droite entre au musée en douce

la Rédaction

Et si derrière les expos immersives fun et familiales se cachait une relecture de l’Histoire version extrême droite ? Ce n’est pas juste du divertissement.

Napoléon trône en géant dans une salle obscure, bruit de canons en dolby surround, frissons garantis. « Sauveur de la Révolution », lit-on. Jeanne d’Arc ? Icône nationale, héroïne divine. Derrière ce storytelling calibré TikTok-friendly, il y a Pierre-Édouard Stérin. Milliardaire, traditionnaliste, et apparemment, amateur de récits bien orientés.

Qui est Stérin ? Un mec très à droite… très discret.

Ancien boss de Smartbox, exilé fiscal en Belgique, fervent catho, Pierre-Édouard Stérin n’est pas juste un riche passionné d’Histoire. Il est aussi derrière le projet Périclès, un plan révélé par L’Humanité qui vise à faire basculer 1000 mairies dans le camp de l’extrême droite.

Et pendant que les députés le cherchent (il a snobé trois convocations à une commission parlementaire sur les élections), lui investit ailleurs : dans les imaginaires collectifs. Avec des expos immersives sur mesure.

Immersion + manipulation = la recette qui passe crème

Ces expositions, produites par le studio Sandora ou soutenues en sous-main, ne sont pas neutres. Le vernis historique recouvre un fond idéologique.

 On ne parle pas juste d’un Napoléon stratège ou d’une Jeanne résistante : on parle de figures mythifiées et re-sacralisées, avec un filtre très conservateur. Et le pire, c’est que ça cartonne.

Le but ? toucher les familles, les jeunes, les indécis

En jouant la carte de l’émotion (sons, lumières, effets spéciaux), ces expos court-circuitent l’analyse critique. T’es touché, pas questionné, et c’est là que la stratégie est fine :

« Tu ne votes pas Zemmour, mais tu sors de l’expo en te disant que Napoléon, c’était quand même un génie, non ? »

On l’appelle déjà le « cheval de Troie de l’extrême droite ». Stérin n’avance pas avec des meetings, mais avec des musées pop-up. Il ne braille pas sur CNews, il investit dans l’émotion, la mémoire, le patrimoine. En gros : il réécrit le passé pour mieux orienter le futur.

Des expos qui inquiètent les historiens

Les historiens s’inquiètent, les politiques s’éveillent (doucement), mais le grand public, lui, consomme. Tant que l’expo est belle et que le son claque, qui ira chercher plus loin ?

Pierre-Édouard Stérin a pigé un truc que peu de politiciens captent : le vrai pouvoir, c’est pas de gueuler à la télé. C’est de choisir quelles histoires on raconte. Et surtout, comment on les raconte.