L’ex-attaquant des Bleus, Wissam Ben Yedder, condamné pour violences sur sa femme

la Rédaction

Il fut un temps où le nom de Wissam Ben Yedder était associé aux buts spectaculaires, aux stades en ébullition et aux statistiques flatteuses. Aujourd’hui, l’ancien international français se retrouve au cœur des chroniques judiciaires. À 35 ans, l’ex-attaquant de l’AS Monaco, désormais exilé en Iran pour la fin de sa carrière, a été condamné par le tribunal correctionnel de Nice pour violences psychologiques envers son épouse, dans un jugement rendu le mercredi 3 septembre 2025.

Un verdict lourd de conséquences

La justice a prononcé une condamnation financière particulièrement sévère. Ben Yedder écope de 150 jours-amende à 600 euros chacun, soit un total de 90 000 euros d’amende. À cela s’ajoutent plus de 60 000 euros à verser à son épouse. Dont une moitié en réparation du préjudice moral et l’autre pour couvrir les frais de justice. En clair, l’addition approche les 150 000 euros.

Le tribunal a également imposé au joueur de suivre un stage de prévention contre les violences conjugales. Il devra le faire dans un délai de six mois. À défaut, l’ancien capitaine de Monaco s’exposerait à une peine d’un an de prison ferme. Cette obligation illustre la volonté du tribunal d’aller au-delà de la sanction financière. Et de placer la prévention au cœur de sa décision.

Des propos “menaçants, humiliants et dégradants”

Le tribunal correctionnel de Nice s’est appuyé sur des enregistrements audio particulièrement accablants pour établir la culpabilité du joueur. Les juges ont souligné la “violence des propos” tenus par Ben Yedder envers son épouse, faits de menaces et d’humiliations. La situation a été jugée d’autant plus grave que ces violences verbales sont intervenues alors que la femme du footballeur était enceinte.

Le tribunal a aussi pris en compte la dépendance financière de l’épouse. Mariée fin 2021 à un homme qui percevait entre 600 000 et 700 000 euros par mois à Monaco, elle avait cessé de travailler et s’était retrouvée dans une situation précaire après leur séparation en mai 2023. Pour les juges, cette fragilité économique renforçait l’emprise psychologique subie par la plaignante.

Une affaire qui s’ajoute à un lourd passif judiciaire

Cette condamnation n’est pas un cas isolé dans le parcours judiciaire de l’ancien international (19 sélections, 3 buts avec les Bleus). Depuis quelques années, Ben Yedder a multiplié les affaires devant les tribunaux.

En Espagne, il avait déjà été condamné pour fraude fiscale lors de son passage au FC Séville. En novembre 2024, la justice française l’avait reconnu coupable d’agression sexuelle lors d’une soirée alcoolisée. Condamné à deux ans de prison avec sursis, il a fait appel de cette décision.

Depuis l’été 2023, il est également mis en examen pour viol, tentative de viol et agression sexuelle, aux côtés de son frère. Les accusations émanent de deux jeunes femmes rencontrées lors d’une soirée à Saint-Tropez. Le parquet de Nice a requis un procès en mai dernier, et il revient désormais au juge d’instruction de décider d’un éventuel renvoi devant la cour criminelle.

Ce nouvel épisode judiciaire alourdit donc un dossier déjà bien chargé et ternit un peu plus l’image d’un joueur autrefois reconnu pour sa régularité et son efficacité sur les pelouses européennes.

La défense annonce un appel

Absent au moment du rendu du délibéré, Wissam Ben Yedder a choisi de ne pas commenter directement la décision du tribunal. C’est son avocate, Me Marie Roumiantseva, qui s’est exprimée, annonçant immédiatement que le joueur ferait appel.

Du côté de la partie civile, la réaction est bien différente. L’avocate de l’épouse a salué une “décision motivée et équilibrée”, mettant en avant la reconnaissance officielle de la qualité de victime de sa cliente et la prise en compte de la gravité des violences psychologiques dans le cadre conjugal.

De star des stades à habitué des prétoires

Ce jugement marque un tournant supplémentaire dans la trajectoire de Ben Yedder. Il a longtemps été célébré comme un buteur redoutable. Que ce soit à Toulouse, à Séville ou à Monaco. L’attaquant s’est désormais fait un nom dans un tout autre registre : celui des affaires judiciaires.

Son départ pour l’Iran en 2024, déjà perçu comme une mise à l’écart du football européen, avait symbolisé une carrière sur le déclin. Mais aujourd’hui, son actualité sportive passe clairement au second plan, éclipsée par la gravité des accusations et des condamnations successives.

Un signal fort de la justice

Au-delà du cas Ben Yedder, ce verdict illustre une tendance croissante de la justice française à reconnaître et sanctionner les violences psychologiques dans le cadre du couple. Longtemps minimisées par rapport aux violences physiques, elles sont désormais pleinement prises en compte dans les tribunaux.

L’obligation de stage, couplée à une sanction financière conséquente, témoigne de cette évolution. Pour la justice, l’objectif n’est pas seulement de punir. Mais aussi de prévenir et de tenter de briser le cycle de violences qui peut s’installer dans les relations conjugales.